This Town Needs Guns - Animals

12/10/2008

Par Aleksandr Lézy

Label: Big Scary Monsters

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Les animaux sont une source intarissable d’inspiration, que ce soit pour Camille Saint-Saëns avec son Carnaval des animaux (1886), Olivier Messiaen et Les Oiseaux exotiques (1995) ou encore Pink Floyd et leur Animals (1977). Le sujet est illustré à chaque fois de manière personnelle et différente. Les Anglais de This Town Needs Guns forment un jeune groupe d’Oxford – vivier de la scène musicale indie avec notamment Radiohead et Supergrass – et réécrivent l’Arche de Noé avec treize titres inspirés de jolies bestioles comme le chinchilla, le panda ou encore le zèbre.

L’idée n’est pas nouvelle mais évoque toujours une explosion de couleurs et de textures comme s’il s’agissait du pelage coloré d’une de ces créatures. Animals transpire la musicalité par une association d’éléments stylistiques comme le « tapping » mélodique ou les arpèges rapides sur guitare électrique avec son clair jouée par Tim Collis. La section rythmique est impulsive mais nullement excessive et rebondit sans cesse grâce à la paire Dan Adams à la basse et Chris Collis à la batterie.

Ce qu’il y a de plus évocateur dans ce « math pop » intelligent inspiré de la scène de Chicago (Don Caballero, Joan of Arc, Maps and Atlases) est nul doute la voix envoûtante et délicieusement mélancolique de Stuart Smith. Son accent so british et les riches mélodies qui ponctuent ses phrasés dévoilent une sensibilité proche de celle que l’on peut ressentir à l’écoute de la douce et hypnotique voix de Steven Wilson de Porcupine Tree.

Tout l’album se décline dans la même veine dans son intégralité, enrichi d’une belle production éthérée. Il pourrait alors entraîner par son aspect répétitif un rejet immédiat si l’écoute du premier titre ne fonctionnait pas. Pour un premier album, This Town Needs Guns nous pond, et c’est le cas de le dire, un Animals fin, délicat et s’inscrit parmi les groupes à savourer au plus vite.