Meet Me in St Louis - Variations on Swing

Sorti le: 10/10/2008

Par Brendan Rogel

Label: BSM Records

Site:

A la base, Meet Me in St Louis est une célèbre comédie musicale des années 1940. C’est également, soixante ans plus tard, le nom que lui emprunteront quelques jeunes musiciens de Guildford. En revanche, musicalement, ce groupe n’en tire aucune espèce d’influence. Non, nous avons affaire à un rock bien énervé sur ce premier album, où l’on retrouve d’autres références cinématographiques, chaque titre étant une phrase tirée d’un film et plus précisément d’un navet : Team America, Dodgeball, Transformers, Predator, etc.

La voix très envolée de Toby Hayes peut rappeler les chanteurs de pop britannique actuels, ce qui peut rebuter de prime abord. Pour autant, cette fébrilité répond parfaitement aux exigences d’une musique aussi urgente. Car si tout cela révèle un petit goût de pop rock, il ne faut pas s’y tromper, la formation tire résolument en plein dans le math rock ! A écouter « The Torso Was Severed in Mid Thorax », on pourrait prendre Meet Me in St Louis pour un enfant bâtard de Sleeping People et Bloc Party : une première guitare tisse des arpèges alambiqués mais jamais dissonants tandis qu’une autre, plus directe et incisive, vient trancher dans le vif, appuyée par une section rythmique très au point.

Toute cette surexcitation risque de faire suer certains sur la longueur, un peu à l’instar de The Mars Volta. Fort heureusement, Meet Me in St Louis, eux, pensent à nous laisser souffler. Comme pour nous prouver qu’ils ne sont pas bloqués dans un carcan rock, deux morceaux font exception sur l’album : « I Beat Up » nous gratifie d’un échange acoustique entre guitare et violon du plus bel effet, bien plus reposé mais qui regorge toujours de belles idées mélodiques. Tandis que « You’re Doomed » finit l’album très calmement avec un instrumental qui lorgne vers le post rock.

Pour la petite histoire, Meet Me in St Louis s’est séparé après seulement cet unique album, visiblement en pleine ascension commerciale, puisque le titre « All We Need Is a Little Bit of Energon… » a même bénéficié d’un clip, chose plutôt rare pour un courant musical aussi confidentiel. Ce qui dénote bien le talent du groupe à trouver un compromis entre les compositions recherchées propres au math rock et la simplicité d’écoute de la pop. A la fois premier jet et chant du cygne, Variations on Swing montre que cette formation aurait pu aller loin si les musiciens avaient persévéré sur cette lancée. Un très bon cru pour les amateurs du genre.