Willowglass - Book of Hours

09/10/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

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Il ne se passe pas une année sans qu’une douzaine d’albums durement marqués du sceau de Pink Floyd ou du Genesis de Peter Gabriel voient le jour. Il faut croire qu’il existe un marché pour ce genre de disque puisque des groupes comme The Watch ou Retroheads prolifèrent dangereusement. Andrew Marshall est un autre de ces nombreux prêtres de l’Eglise du Temps Qui Ne Passe Pas. Entièrement dévoué à la cause des Grands Anciens, le voici qui vient prononcer un sermon avec un Book of Hours perdu quelque part dans la première moitié des années soixante-dix. Le magazine finlandais Colossus ne s’y est d’ailleurs pas trompé, puisqu’il a sollicité le bonhomme pour participer à plusieurs de ses projets et autres poussiéreux hommages. Comme toute secte, ce second disque du multi-instrumentiste britannique possède un réel pouvoir de persuasion. On y prend goût, sans se douter de rien, sans s’alarmer. Tout y est tellement léger, nostalgique, doux, apaisant, mélodieux, presque soporifique, qu’il est littéralement impossible d’y trouver une faille – si ce n’est le degré zéro de l’originalité. Pas de chant qu’on puisse critiquer, pas de remplissage ni de longueurs excessives (l’album affiche une cinquantaine de minutes au compteur), pas de concession à la modernité… C’est à peine si la naïveté de la pochette provoque un sourire. Les guitares sont délicieusement mélancoliques, la flûte éminemment doucereuse, les nombreux claviers gentiment surannés. Bien entendu, l’utilisation du terme « progressif » est ici complètement exclue. Mais qu’importe, on écoute Book of Hours sans la moindre vibration négative, égaré dans une traîne de nuages aux formes oniriques. Et lorsque le disque se termine, on est tenté d’en redemander… ou presque.