Agah Bahari - The Second Sight of a Mind

07/10/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

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Prenez un groupe de metal progressif instrumental de grande classe, au hasard Planet X, et remplacez son guitariste par un jeune prodige iranien de la six-cordes, fraîchement émigré au Canada. Laissez celui-ci ajouter sa petite touche personnelle, passez la production du disque à la moulinette du claviériste puis servez chaud ce The Second Sight of a Mind pour que le soufflé ne retombe pas trop vite.

Avec une pareille recette, peut-on s’attendre à autre chose qu’à une entreprise de clonage du groupe de Derek Sherinian ? Le premier tiers du disque n’autorise aucun doute : la réponse est sans hésiter « oui ». Il faut attendre « Everlasting Perfection » pour commencer à extraire de cet album d’autres influences. Pas des plus originales, certes : Dream Theater, Liquid Tension Experiment ou encore Steve Vai. Malgré ces lourds emprunts, il faut mettre à l’actif d’Agah Bahari qu’il a retenu le versant mélodique de Planet X, au détriment de la débauche technique préférée par exemple par les Italiens d’Aphelion.

Et si Derek Sherinian, Virgil Donati, Ric Fierabracci et Rufus Philpot exécutent presque scolairement les plans qu’ils ont patiemment peaufinés dans leur groupe, Bahari se démène pour apporter quelques pincées d’originalité, tout en ne confisquant pas les rames du bateau. On a tout de même une furieuse envie de lui souffler « Vas-y, Agah ! Agrippe le gouvernail ! », comme il le démontre admirablement sur « Everlasting Perfection «  et surtout sur le magnifique « Gravity », titre planant qui met en lumière son talent de mélodiste.

Pour ses débuts dans l’univers impitoyable du metal progressif, Agah Bahari choisit donc de clamer son admiration pour ses modèles ; un premier album qui n’est finalement ni plus ni moins qu’un hommage appuyé voire une copie, indéniablement, mais une bien belle copie. Pas le genre de camelote qui dissimule le travail maladroit d’une main d’œuvre bon marché.