Cloudscape - Global Drama

04/10/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Roastinghouse Records

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Les Suédois de Cloudscape sortent avec Global Drama leur troisième album, sans fondamentalement révolutionner leur style, à savoir un metal mélodique accessible qui dissimule néanmoins quelques subtilités aux entournures. Comparable à Circus Maximus, la formation nordique privilégie davantage l’efficacité au détriment de la subtilité qu’incorporent leurs voisins norvégiens. Les compositions sont très largement basées sur la puissance et l’accroche des riffs, en alternance avec des refrains mélodiques, à l’image de « Mind Diary », « Paid in Blood », ou encore « Ritual of the Blade ». Quelques louchées de claviers bien enveloppants et le tour est joué : on se retrouve avec une poignée de titres glorieux, pour certains bien sentis (« Darkest Legacy », « Justice »), même si l’album n’est pas d’une redoutable homogénéité. En effet, quelques morceaux convenus, sans personnalité (« Cloak & Daggers »), voire à la limite du bon goût (« Fragile ») viennent assombrir un ciel qui promettait pourtant d’être plutôt dégagé. En revanche, certains titres cachent leur petit passage « différent », original, parfois très court : un petit break anodin, une partie instrumentale, un pont… Par ailleurs, Cloudscape sait faire preuve de pertinence sur des titres plus conséquents comme « Alagoas », là où nombre de groupes diluent artificiellement leur propos simplement pour afficher un epic sur leur album. Pour illustrer la musique, il y a la voix râpeuse de Mike Andresson, qui s’accorde à merveille avec le rouleau compresseur des guitares. Croisement plus ou moins réussi entre Jorn Lande et Russell Allen, le vocaliste n’est toutefois que modérément à l’aise dans les aigus, et reste ainsi confiné dans un registre certes totalement maîtrisé mais dont la variété ne fera pas date, tout comme la production, puissante mais passe-partout. Album après album, les Suédois rôdent et améliorent leur formule, même si à l’instar de nombreux groupes de metal mélodique, ils cherchent encore ce qui leur fait défaut pour le moment : une véritable personnalité.