Von Hertzen Brothers - Love Remains the Same

03/10/2008

Par Christophe Manhès

Label: Dynasty Recordings

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Versez deux louches d’art rock à la mode dans la lignée de The Mars Volta ou Porcupine Tree, ajoutez une grosse poignée de happy rock du genre A.C.T. ou Ritual, mélangez au mixeur avec une petite pincée – pas plus ! – de rythmes ibériques et c’est prêt ! Vous pouvez déguster le cocktail des Finlandais de Von Hertzen Brothers. Voilà donc un plat rafraîchissant même si pas franchement subversif. Pourtant, quand elle est bien faite, reconnaissons à la cuisine populaire sa formidable capacité à enflammer les papilles les plus gourmandes. D’ailleurs, pour vous mettre en appétit, il vous suffira de goûter à l’entame de l’album (« Bring Out the Sun (So Alive) » et « Spanish 411 ») pour comprendre que les petits gars d’Helsinki ont de quoi draguer large sans – trop – lâcher sur l’essentiel.

Déjà précédé de deux albums, Love Remains the Same confirme donc les points forts du groupe. Tout d’abord, la voix de Mikko von Hertzen reste aussi puissante et voluptueuse que capable d’attraper les mélodies avec la facilité qu’un bateleur en foire. Ensuite les claviers, talons d’Achille du prog, mais ceux de Juha Kuoppala sonnent avec un goût suffisant pour ne pas caricaturer et défigurer un type de musique souvent trop riche en nappages démodés. Enfin, les Von Hertzen Brothers ont un sens de la mélodie évident, certes parfois un peu facile mais capable de transmuter n’importe quel cœur de pierre en un tendre chamallow bondissant !

Seulement, au petit jeu des comparaisons – inévitablement on finit par y venir –, rapporté au travail d’un musicien comme Steven Wilson, force est de constater que cet album manque encore de cette finesse qui font des arrangements et de la production des ingrédients essentiels. Alors que chaque album de Porcupine Tree plonge l’auditeur dans des paysages aux dimensions multiples, Love Remains the Same reste bien trop linéaire et terre à terre pour faire figure d’incontournable. Cela se paie par une attention plus relâchée en fin d’album. Mais avec un peu plus de folie, un univers sonore plus personnel et plus riche, nos Scandinaves pourraient dans l’avenir passer du simple statut de musiciens sympathiques et doués à un groupe incontournable. Un peu de sang neuf serait bienvenu.