Suspyre - When Time Fades

30/09/2008

Par Guillaume Beauvois

Label: Sensory Records

Site: www.myspace.com/suspyre

Fondé en 2001, Suspyre groupe de metal progressif du New Jersey, sort son premier albumSilvery Image en 2005. Avec déjà deux albums à son actif, le groupe s’enferme alors de nouveau en studio en 2008 pour When Times Fades.
Gregg Rossetti, multi-instrumentiste, a signé la quasi-totalité des compositions du disque. Ce qui en ressort est la volonté de mêler plusieurs genres musicaux au sein d’un même titre, qui peut naviguer du metal pur et dur à du classique symphonique épique. Cela fait énormément penser à du Symphony X ou à du Adagio. Mais le groupe arrive arrive toujours à sortir des sentiers battus et à apporter une petite touche d’originalité. Ainsi «  Reign », dans sa construction, semble être une sombre copie d’une chanson de la bande à Russel Allen, mais plus le titre se déroule, plus la patte personnelle de Suspyre apparaît : un passage de saxophone par ci, un pont mettant à l’honneur la mandoline par là. 

Comme beaucoup de groupes progressifs et leur inspiration corner on retrouve aussi de grosses influences sur When Time Fades. Symphonic X et Dream Theater évidemment, tout jeune groupe de metal prog semblant vouloir se mesurer à ces deux géants, mais aussi Ayreon dans le côté parfois théâtral de certaines chansons, et Opeth dans les passages acoustiques et dans certains vocaux saturés, rares mais toujours à propos («  The Light of The Fire  »), et Varèse, Bartok pour le classique. Toutes ces influences riches et variées ont été assez bien digérées même s’il en ressort par moment de gros bouts comme ce pont situé vers quatre minutes dans « Siren » tout droit sorti d’une prestation instrumentale des cinq techniciens new-yorkais faisant rêver toute une armada d’apprentis musiciens.
En un an, Suspyre a su produire un album complexe, riche, très intéressant et apportant des choses au genre. Mais ce court laps de temps n’a pas permis de prendre tout le recul nécessaire vis à vis des influences encore trop présentes. Cela est fort dommage au regard de la grande compétence des musiciens et des invités (Charlie Zeleny, batteur sur l’album mais ayant participé aux projets de Jordan Rudess). Avec plus de temps de maturation, leur prochain plat risque de faire un malheur à table.