Aucan - Aucan

29/09/2008

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Africantape

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Si Battles ne passait pas son temps à muscler ses poignets avec ses va-et-vient incessants, il ressemblerait sans doute à Aucan, un groupe de trois jeunes gens du nord de l’Italie, plus précisément des régions de Brescia, Padoue et Venise. Battles (avec Don Cab) est en effet la source principale d’inspiration du trio transalpin, cela semble évident à l’écoute de ce premier essai éponyme. Celui-ci possède toutefois une finesse supplémentaire dans sa musique qui le rend plus attachant à nos oreilles.

Franscesco d’Abbraccio et Giovanni Ferliga passent avec bonheur de claviers à la guitare, et souvent jouent des deux simultanément – il faut les voir en concert ! –, avec une aisance déconcertante. Ajoutez à cela le batteur Dario Dassenno que l’on peut qualifier d’excellent et vous disposez de tous les ingrédients nécessaires pour mitonner un album de haute volée. Et il va l’être assurément du fait de deux éléments majeurs : sa cohérence absolument implacable et impeccable, et sa production qui allie puissance et finesse de main de maître.

De « Reset » à « Tesla », l’auditeur a affaire à un bloc monolithique dans son inspiration et sa construction. Aucan a une idée très claire de sa musique et s’y tient sans se perdre en chemin. Même si elle représente un risque certain, surtout pour un premier album, cette démarche est à saluer. Le groupe ne tombe jamais dans la démonstration, faiblesse récurrente du genre math rock, grâce à l’alliance réussie entre puissance sonique, vélocité rythmique et arrangements mélodico-harmoniques travaillés. A ce sujet, la qualité de la production, de Giovanni Ferliga en particulier, est à souligner : équilibre sonore parfait malgré la violence sous-jacente du propos, mélodies jamais noyées sous la masse rythmique pourtant bien présente, mise en valeur excellente de l’instrumentation.

Pour un premier album, Aucan a frappé fort dans un genre pourtant encombré. Il est fort à parier que l’on reparlera encore de ce trio, surtout s’il parvient à déjouer le piège du second album après un premier si réussi. Mais trêve de spéculations hasardeuses que même les banquiers ne maîtrisent plus depuis longtemps, et place à la musique ! A suivre en concert, cela va sans dire !