Sylbàt - Mara

22/09/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

Site:

La mixité n’est pas le point fort des groupes de prog’, ni de rock en général d’ailleurs, c’est le moins que l’on puisse dire. C’est pourquoi Sylbàt est un quatuor atypique. Patrick Boileau (batterie, fondateur de Xaal) et Hilaire Rama (basse) partagent en effet la vedette avec la guitare d’Hélène Brunet et l’électro-harpe de Clotilde Trouillaud. La musique contenue dans ce Mara ne pouvait donc qu’avoir une coloration des plus originales.

La longue expérience des membres de Sylbàt confèrent un aspect très professionnel à cet album. Le jeu assuré, tour à tour technique et sobre de Patrick Boileau ainsi que la fiabilité de Hilaire Rama fournissent une assise rythmique solide, rampe de lancement idéale pour le travail mélodique réalisé par ces dames. Si le rock progressif instrumental semble être la voie empruntée par le groupe, d’autres influences parcourent ce disque, au rang desquelles on trouve la musique celtique, orientale et l’héritage de la fusion des années soixante-dix.

Les dix compositions peuvent être assez nettement rangées dans deux catégories. D’une part, il y a celles, peu versatiles, où Hélène Brunet et Clotilde Trouillaud brodent leitmotivs et soli autour d’une structure répétitive. Ainsi « Bull machine », « Gigue hantesque », « Menn » ou encore « Marche des sept pas », s’ils ne proposent que très peu de variations, ont néanmoins le mérite de contenir de belles mélodies développées par la guitare électrique et l’électro-harpe. Le véritable intérêt de ce disque réside donc dans les titres plus foisonnants, tantôt dynamiques (« Magmafrica », « Valse des loups »), tantôt propices à la rêverie et la contemplation (« Androïde », « Tour d’ivoire »), et qui mettent en avant la diversité des influences du groupe.

Mi-figue, mi-raisin, Mara peine à se « lâcher » complètement, à assumer sa différence, son originalité. Bien heureusement, le pouvoir évocateur des mélodies et la qualité des interventions des solistes lui confèrent un atout non négligeable. Si d’aventure l’alchimie opère pleinement sur le prochain album, Sylbàt devrait à n’en pas douter poser le pied sur la marche supérieure.