Qui - Same

01/07/2008

Par Jérôme Walczak

Label: Musea

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Qui est une formation japonaise récente (2006) qui en est déjà à son deuxième remaniement, après avoir sorti un premier album baptisé Prélude. Cela devait s’imposer, sans doute, même si au fil des écoutes, on a peine à comprendre pourquoi il fallait changer une équipe au grand complet, tant ce que nous avons dans les oreilles est à l’originalité ce que la Messe de Minuit est à Béatrice Dalle… Voilà donc du jazz rock fusion réduit à son expression la plus archétypale : de l’instrumental, de la flûte, des parts d’improvisation, et une atmosphère générale très marquée par cette musique alambiquée et d’une sérénité toute relative, qui, ici, se laisse parfaitement écouter sans pour autant retenir longuement l’auditoire. Takashi Hayashi organise les cinq mouvements sans qu’il n’y ait de réelle structure, et, après un début calme et relativement accessible, la machine s’emballe pour nous plonger dans toujours plus d’anachronisme (la musique des BO des films avec Mireille Darc, c’est anachronique, non ?). Ecouter Qui, c’est s’allonger au bord d’une piscine sur un relax en crocodile orange à l’ombre d’un parasol vert pomme avec Belmondo qui boit du Martini à côté de nous : c’est très daté, trop connoté années 1960, et au bord de cette piscine, malgré de considérables efforts et une bonne volonté à toute épreuve, on s’y ennuie ferme. De temps en temps, l’auteur tente de nous faire émerger de notre quatre centième épisode de Chapeau melon et Bottes de cuir en y mettant des ambiances, enfin, non, des bruits de basse et de percussion assez sombres et langoureux (« Jirou »). Rien de nouveau sous le soleil avec cette production muséale, si ce n’est que la flûte, à la longue, ça énerve, surtout lorsqu’elle est utilisée de façon improvisée et déstructurée. Pourquoi est-ce si compliqué de fournir de bonnes mélodies ? La musique pour techniciens lasse un peu, vraiment, de plus en plus.