Heart of Cygnus - Utopia

18/06/2008

Par Dan Tordjman

Label: Autoproduction

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Il est des disques souvent qualifiés d’ovnis. Comprenez par là qu’ils sont surprenants à tout point de vue : mélange des influences, production, approche et direction artistique, etc. Heart Of Cygnus fait partie de cette catégorie. Derrière ce nom se cache le binôme composé de Jeff Lane, préposé aux guitares, basse, claviers et chant et de Jim Nahikian à la batterie.

Et dans la catégorie « mélange audacieux des influences », Heart Of Cygnus pourrait sans souci briguer le prix de la plus belle soupe. Prenez une grande marmite, versez-y du Megadeth, du Dream Theater, du Maiden, du Rush et du Queen, mélangez le tout, ajoutez un concept et vous obtenez Utopia. Il est difficile de ne pas penser à « A Farewell To Kings » ou « The Trees » de Rush avec cette intro à la guitare classique. Sur « Prelude », on peut même se demander si Alex Lifeson ne s’est pas incrusté sur le disque. Sur « Metropolis » – votre serviteur vous avoue qu’il a eu peur en voyant le titre de la chanson – on imagine Steve Harris faire un boeuf avec Brian May. Cela vous laisse songeur ?

Cela n’est pas prêt de s’arrêter. « Another Day » – une frayeur de plus pour votre serviteur – se rappelle au bon souvenir de la Reine et du Floyd voire par moments d’Arjen Lucassen, notamment au chant. Dans un autre style, impossible de passer sous silence « Before The Court » dont la référence à Megadeth est cinglante. Comme pour « Metropolis » la ressemblance est si confondante qu’on peut légitimement se demander si Dave Mustaine n’a pas croisé le manche. Visiblement, le rouquin n’a pas été contacté. Diantre, quelles substances ont bien pu absorber le tandem Lane / Nahikian pour pouvoir servir un tel cocktail ? Cela vous laisse toujours songeur ?

En temps normal, un tel mélange relèverait du plagiat et provoquerait une excommunication auprès des fans purs et durs des influences suscitées. Or, on a à faire ici à un groupe de la trempe de Jetliner capable de faire quelque chose de neuf et d’accrocheur en utilisant du vieux. Et l’adage qui veut que « dans les vieilles marmites, on fait les meilleures soupes », prend tout son sens. En perfectionnistes que nous sommes chez Progressia, des reproches doivent être trouvées. Tout d’abord, le manque de puissance dans la voix de Jeff Lane que l’on associe ici à la production qui manque de relief notamment la batterie qui sonne faiblement. Une batterie plus gonflée donnerait un peu plus d’assise à ce disque qui pourrait bien être une agréable surprise pour la branche la plus ouverte des fans de Queen, Rush ou Iron Maiden. Cela vous laisse encore songeur ? Alors, vous savez ce qu’il vous reste à faire…