Centenaire - Centenaire

08/05/2008

Par Mathieu Carré

Label: Chief Inspector

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Quand on cherche quelques renseignements sur ce groupe au patronyme intrigant, le nom de Robert Wyatt revient régulièrement aux alentours de celui de Centenaire, formation hétéroclite et ambitieuse livrant ici un premier album qui se veut aussi faussement léger que les élucubrations du barbu anglais. Curieux et altruistes, les quatre musiciens (Stephane Laporte, Damien Mingus, Aurélien Potier et Orval Carlos Sibelius déjà entrevu dans ces pages) ont décidé de présenter leurs travaux sous le versant le plus ensoleillé, liant charango, violoncelle, mélodica, métallophone et instruments à vents en quatorze chansons rafraichissantes.

Centenaire se distingue dans la mise en valeur de courts motifs qui attrapent les oreilles dès les premières secondes. Une idée première souvent interprétée à la guitare (« Le retour »), mise en valeur par des arrangements soignés dignes d’artisans orfèvres et le projet prend forme inéluctablement. Soulignées par des lignes de chants ne possédant cependant pas toujours la richesse du matériau de base, les courtes compositions peuvent laisser une légère sensation de frustration. Et c’est au contraire lorsque les ambiances se font volontairement plus épaisses, que le charango impeccable de Damien Mingus devient agressif, que Centenaire livre véritablement son meilleur profil, préférant un rock minimal désabusé (l’excellent « Heavy for Everyone ») ou moyenâgeux (le bien nommé « Castle ») à une pop originale mais dont on devine plus facilement les limites.

Et si le guide et archange Wyatt envoie de la poudre magique dans l’air, change une mélodie de boite à musique en mille-feuille aéré et attendrissant en toute décontraction, Centenaire choisit une autre direction, en toute indépendance. Le mieux pour ces quatre impétueux serait donc de fuir l’ombre envahissante des anciens, où l’on peut avoir envie de les laisser, pour tracer crânement leur chemin. Ils possèdent toutes les qualités pour cela.