Openspace - Openspace

06/05/2008

Par Christophe Gigon

Label: Lynx Music

Site:

Décidément, la Pologne reste un vivier important de nouvelles pêches progressives. Après les pères fondateurs que furent SBB, Collage ou Satellite, apparurent Believe et les célèbres Riverside. Openspace, signé sur le label spécialisé Lynx Music, se range donc sans sourciller aux côtés de ses illustres aînés. C’est donc bel et bien à du rock néoprogressif « pur jus » que l’auditeur aura affaire avec cette nouvelle recrue venue de l’Est.

Afin de lever d’emblée toute ambiguïté possible, il s’agit d’avouer de suite que la musique proposée par Openspace n’a en rien cherché à faire avancer la cause progressive et encore moins à la faire évoluer hors des sentiers balisés par les maîtres du genre susmentionnés. Pourtant, l’écoute de cet album s’avère plus qu’agréable et ce, pour plusieurs raisons : en premier lieu, les ambiances développées sur chacun des morceaux de ce premier album (si l’on excepte un EP paru en 2005 et contenant quelques titres figurant sur le présent disque) sont réussies et savent transporter l’auditeur très vite, très haut. Ensuite, le chanteur possède une voix, certes en rien originale, mais au timbre diablement charismatique, entre celui de Mariusz Duda (Riverside) et celui de Mikael Akerfeldt (Opeth). Et pour finir, les musiciens jouent bien, les arrangements sont superbes et la production efficace. Tout concourt donc à faire qu’il se dégage de ce disque une atmosphère assez vite captivante.

Au rayon des bémols, il faut hélas admettre que la musique d’Openspace n’aurait manqué à personne si elle n’avait jamais existé puisqu’on aurait pu l’écouter en remettant sur nos platines aguichées les bons vieux Pendragon, Collage, Satellite et, surtout, Riverside. En effet, ce dernier groupe a très (trop ?) fortement marqué Openspace et certains titres (« So Far Away », « Paper Rose ») auraient pu parfaitement figurer sur l’un des trois albums de la troupe de Mariusz Duda, sans faire pâle figure cependant. Même si les influences sont encore flagrantes, il reste indéniable que cette formation possède un réel potentiel : l’écoute devient très vite indispensable et les titres imprègnent facilement le cortex du mélomane. Porcupine Tree et Marillion (période Fish) font également partie des groupes qui ont très probablement donné envie à ces jeunes Polonais de se lancer en terrain progressif. Autre bémol de poids, les sons de claviers passablement typés, utilisés à foison sur cet album ont dû être calqués sur ceux de Mark Kelly (Marillion) au début des années quatre-vingt. A signaler encore que les quatre derniers titres du disque sont chantés en polonais, ce qui, contre toute attente, ne rend en rien l’écoute de ceux-ci plus aride.

Openspace, vous l’aurez bien compris, ne cherche aucunement à se positionner en leader sur le marché sursaturé du rock progressif contemporain. Il veut seulement offrir un peu de plaisir aux fans de Riverside ou de Satellite qui doivent patienter trop longtemps entre chaque sortie d’album. On ne saurait en effet leur en tenir trop rigueur.