Panic Room - Visionary Position

01/05/2008

Par Dan Tordjman

Label: Voiceprint

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A première vue, on pourrait considérer Panic Room comme un groupe on ne peut plus classique. Cependant, derrière ce nom se cache un dossier intéressant, associant d’anciens musiciens de Karnataka, Mostly Autumn et Fish. Dès les premières mesures d’ « Elektra City », on reconnaît ce punch typique à l’anglaise, au mélange savamment dosé entre guitares et claviers. Ajoutons la voix pure, mais trafiquée par moments, d’Anne-Marie Helder et l’on obtient un premier titre très accrocheur (de huit minutes tout de même) qui se termine… en cocktail-jazz. Ne manque plus que la belle voix d’Anne-Marie pour croire croiser Michelle Pfeiffer dans Susie & Les Baker Boys.

Les claviers de Jonathan Edwards sont omniprésents et se chargent de colorer les ambiances de nappes éthérées comme sur l’épique « Endgame (Speed of Life) ». A d’autres moments, ils apportent une touche de modernité et d’avant-garde : en témoigne « Elektra City ». Cependant, cette variété de la palette de sons ne peut à elle seule résumer la variété de Visionary Position. Aux antipodes de la technicité, « Reborn » et « Moon on the Water » feraient parfaitement l’affaire pour des single potentiels, avec une touche pop rock matinée d’éléments folk qui rappellent The Corrs, période Forgiven Not Forgotten. Puis Panic Room invite l’auditeur à un voyage en Orient, avec l’arabisant « Apocalypstick ». Et si Anne-Marie Helder faisait la danse du ventre en concert ? En plus de remémorer à l’auditeur de grandes vocalistes, comme Kate Bush ou Sarah Mc Lachlan, on en viendrait presque à se demander combien de cordes a-t-elle réellement à son arc. Gardons-nous cependant de résumer Panic Room au tandem Edwards/Helder. L’apport des autres musiciens est prépondérant, en particulier celui du guitariste Paul Davies, dont le jeu créatif a foison apporte beaucoup au groupe. Saluons aussi Alun Vaughan, bassiste de son état, qui apporte son feeling jazzy à une musique plutôt rock.

Il est difficile, une nouvelle fois, de résumer la musicalité et la variété de ce disque : même les accros aux compositeurs de musiques de films comme Hans Zimmer y trouveront leur compte avec le somptueux « I Wonder What’s Keeping My True Love Tonight ? ». Avec une telle richesse et une telle finesse, Panic Room mérite d’avoir un public plus large et devrait ainsi trouver grâce aux yeux des amateurs de progressif calme, axé sur les ambiances. Un groupe à suivre, assurément.