Ünder Linden - Ünder Linden

01/05/2008

Par Christophe Gigon

Label: Viajero Inmovil Records

Site:

Comme son nom ne l’indique pas, Ünder Linden est une formation en provenance d’Argentine. C’est en effet sous ce nom aux consonances germaniques approximatives, fleurant bon la célèbre avenue de Berlin, que ce quintette sud-américain propose une musique instrumentale (le probable accent argentin ne dérangera donc personne) de haute volée, décomplexée et efficace en diable ! Signalons que certains membres de cette nouvelle formation faisaient déjà partie d’un groupe très connu localement : Farenheit.

D’emblée, il est important de souligner la très bonne tenue générale de ce premier album, qui s’écoute avec un plaisir sans cesse renouvelé. Ah, cette volubile et charmeuse guitare, jouée de main de maître par Ignacio Scarsella. Un toucher proche de celui du Mike Oldfield des grands jours (Five Miles Out, Crises ou Ommadawn). Pour ce qui a trait aux structures des morceaux, l’amateur de KBB, Outer Limits (pour le violon), Camel ou encore Focus y trouvera largement son compte. Dieu que cet album est un régal pour l’ouïe avertie ! Certes, aucune réelle originalité n’est à signaler, mais Ünder Linden a l’avantage de proposer une musique qui est, au moins, un mélange de leurs multiples influences et non un plagiat pur et simple d’un groupe qui les aurait trop marqués. Les dix titres qui constituent ce coup d’essai sont très bien composés, exécutés, arrangés et enregistrés. Chaque piste tisse harmonieusement sa propre atmosphère, même si l’ensemble de l’album sait rester bien homogène.

Une très bonne surprise que ce disque, qui pourrait être considéré comme celui que l’on n’attend plus de Mike Oldfield et qu’on espère encore de Camel. Il est amusant de constater à quel point l’ermite britannique vieillissant (plutôt mal d’ailleurs) a pu inspirer des générations de guitaristes mélodiques. Et il est curieux que les ambiances plutôt oppressantes développées par celui-ci dans les années soixante-dix et quatre-vingt se retrouvent dans une production argentine de 2007. Mais c’est (très) bon à prendre !