Fripp & Eno - The Equatorial Stars

22/04/2008

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Discipline Global Mobile

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Album du mois de la BBC lors de sa sortie en 2004, vingt-neuf ans après Evening Star, cette réunion des deux compères ne pouvait être qu’un petit événement en soit ! Même si par la suite, on n’entendit quasiment plus parler de l’album alors que les blogs et forums fleurissent toujours de commentaires sur No Pussyfooting (1973). Il est temps à présent de dresser un petit état des lieux près de quatre ans après la parution de cette œuvre.

La technologie s’est considérablement modifiée depuis la mise au point des Frippertronics par Brian Eno. Pour rappel, les Frippertronics fonctionnent avec une guitare électrique (Gibson Les Paul de préférence), une fuzzbox et deux magnétophones Revox qui permettent de construire en direct de véritables cathédrales de sons. Depuis, Robert Fripp a remplacé son attirail analogique par un module lunaire électronique lui permettant de développer ses Soundscapes. D’une certaine façon, The Equatorial Stars oublie toute cette évolution et poursuit là où s’était arrêté Evening Star en 1975. Le parallèle entre le titre des deux albums est évident !

Toutefois, ce qui était hier une performance aussi bien technologique que sonique ne l’est plus vraiment aujourd’hui. Force est de constater que la première moitié de l’album présente une musique d’ambiance trop lisse et sans saveur, et ce, malgré le son quasi analogique de la guitare de Fripp ! On est bien loin des tensions infernales développées par le musicien dans ses récents Soundscapes, A Blessing of Tears, The Gates of Paradise ou Love Cannot Bear. La musique ambient peine à susciter l’intérêt chez l’auditeur. « Lupus » relativise néanmoins le propos. Le climat s’assombrit comme par enchantement et devient parfois envoûtant ! Les nappes de synthétiseurs de Brian Eno, dignes de musique pour ascenseur, se transforment en paysages cauchemardesques et permettent à Fripp de développer des passages qui auraient fait pleurer Belzébuth ! Même le technoïde « Altair » n’est pas des plus rassurants. Le sommet de l’album culmine avec l’inquiétant « Terebellum » dans lequel foisonnent les tensions chères à Robert Fripp.

Ce disque se résume donc par une ambivalence partagée entre une première partie monotone un brin convenue et une seconde moitié des plus réussies ! A recommander aux fans des deux artistes bien qu’on ne saurait finalement trop vous conseiller de vous procurer les albums de Soundscapes suscités !