Gurth - Tormentes

17/04/2008

Par Guillaume Beauvois

Label: MALS

Site: www.myspace.com/gurthprogressive

Quand Myspace permet de dénicher de bons groupes de rock progressif, on aurait tort de se priver. Quand il permet d’acquérir un véritable album, on ne peut que sauter de joie ! 

Gurth est un groupe espagnol, catalan plus précisément, fondé en 1995, produisant une musique variée, un soupçon de rock, un nuage de jazz, un trait de fusion et beaucoup d’idées sous influence – légale et de très bon goût –, voici la recette proposée par ses cinq membres. Dans les onze titres qui constituent Tormentes, les cinq Ibères jouent au meilleur de leur forme au gré de leurs inspirations. Et celles-ci sont à l’image de leur jeu, riches et inspirées. On retrouve ici et là des traces de King Crimson, de Pink Floyd, et même d’un grand groupe de rock psychédélique à la brève carrière, Sweet Smoke. Le chant et les arrangements de « La corrupcio de l’enyor » en portent de grands témoignages. Les titres, intelligemment disposés, font naviguer l’auditeur éclectique d’une rive rock à une rive fusion. Ainsi, un morceau comme « Les oliveres D’en Joan », à l’esprit assez jazz, succède au très rythmé « Les caldered d’en Pere Botero ».

On se laisse envoûter par la batterie de Raimon Iniesta qui apporte un grand dynamisme et une grande finesse à toutes les compositions. On se régale à suivre ses lignes de ride et son jeu de caisse claire.
Cependant, il faut signaler quelques nuages qui pointent à l’horizon de ce beau ciel espagnol. Cet album n’est pas parfait, et ce malgré tous ces qualificatifs élogieux. Les instruments sont en général bien maîtrisés, certes, mais le chant n’est pas à la hauteur des autres prestations. Le guitariste en herbe trouvera aussi à redire de certains soli qui ressemblent plus à de l’exercice de style qu’à de vraies mélodies travaillées, façonnées à la force du poignet. 

Bref, malgré ces petits défauts, on est en présence d’un album très varié, avec de belles mélodies qui restent en tête longtemps après écoute. On se prend même à chantonner quelques refrains dans le métro.