Splinter - Dreamers

07/04/2008

Par Dan Tordjman

Label: Autoproduction

Site:

Non, cet album n’a pas été composé par Splinter, le rat maître en arts martiaux des Tortues Ninja mais par cinq musiciens hollandais plutôt talentueux, il faut l’avouer. Progressia s’en était déjà rendu compte lors du Headway 2005 au cours duquel ils avaient constitué une agréable surprise. C’est donc après deux démos que la formation néerlandaise fait le grand saut avec son premier véritable album et Jonas Reingold (The Flower Kings, Karmakanic) ne s’est pas trompé en passant derrière la console. La production concoctée par le Suédois est parfaite pour Splinter : équilibrée, entre puissance et finesse, deux éléments qui font la musique de Splinter.

La musique de Splinter, c’est un rock progressif que l’on pourrait qualifier de festif, rappelant aux bons souvenirs du Spock’s Beard Mark I et d’A.C.T. Dès les premières secondes de « Goodbye », on est attiré par les claviers enjôleurs de Menno Broer van Dijk et le rythme imprimé par le batteur Berry Vink et le bassiste Marcel Everts, tous deux impeccables de bout en bout. Une assise parfaite pour la guitare virevoltante de Didier Kerckhoff et le chant accrocheur d’Ewout Ongering, à mi-chemin entre Herman Saming, Nick D’Virgilio et Neal Morse.

Dreamers est composé de deux « pavés » : « Reflections » et « The Devil’s Advocate ». Le premier contient des parties biscornues – notamment l’introduction – qui ne sont pas sans rappeler les meilleurs poils de la Barbe de Spock ainsi que le titre « Better World » de Toto, avant que le groupe, notamment Didier Kerckhoff, décide de se lâcher un peu plus. Dans la plus pure tradition progressive, le piano de Menno suit sur « REM » puis plus tard sur « Wake Up ». Le second pavé intitulé « The Devil’s Advocate » commence par une longue et lente montée en puissance, qui termine le disque de façon bien barrée, puis laisse la place à des nappes pour mieux finir en douceur. A noter que ces deux longs morceaux sont séparés par « Anthony’s Songs » lourd à souhait et bien pêchu, et « Korsakov », un énième grain de folie, peu déplaisant au demeurant.

Dreamers ne nous fait pas oublier pour autant Neal Morse et compagnie. On en viendrait presque à croire qu’ils ont joué sur ce disque. Pourtant, tant de ressemblance ne rend pas pour autant le disque désagréable. Peut-être faudrait-il soumettre le disque à Neal Morse et à Spock’s Beard, leur suggérer une réunion afin qu’ils continuent à influencer une relève qui – en la personne de Splinter – est bel et bien assurée.