Quikion - Kaprico

07/04/2008

Par Christophe Gigon

Label: Musea

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Encore une formation japonaise issue de l’écurie Musea. Non, chers lecteurs, ne prenez pas vos jambes à vos cous ! La musique que propose Quikion n’a absolument rien à voir avec les habituelles compositions « symphonico-pompeuses » mâtinées d’ELP justes bonnes à servir d’illustrations sonores à quelque manga de bas étage. Quikion propose toute autre chose. Du reste, il ne s’agit pas ici de rock progressif mais plutôt de musique nouvelle, entre folklore et world music.

Kaprico est la troisième livraison de nos amis nippons et la recette, bien qu’inchangée, s’est passablement éloignée du rock progressif pour offrir un album frais et printanier puisant dans les sources folkloriques anglaises, slaves, indiennes et, naturellement, japonaises. L’utilisation d’instruments tels que le bouzouki, l’accordéon ou les jeux de cloches apporte une nette plus-value musicale à l’ensemble, proche d’une certaine chanson populaire et traditionnelle. Pour faire simple, ce disque ressemble furieusement à ce qu’a pu proposer Yann Tiersen dans ses musiques de film et, plus particulièrement et bien évidemment, à la célèbre bande-son du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Voilà qui plaira probablement aux nombreux amateurs du mélodiste français. Pour les connaisseurs, l’esthétique développée par Quikion s’approche par moments des atmosphères tissées par des groupes ou artistes comme Pentangle (pour le côté folk-rock) et par Pascal Comelade (pour le côté « minimaliste »).

Rien de bien progressif dans tout cela si ce n’est une certaine fraîcheur du propos, un style musical finalement peu connu et un chant japonais assez étonnant et jamais crispant. La bande-son d’un début de printemps attendu avec impatience. Avis aux curieux !