Retrospective - Spectrum of the Green Morning

03/04/2008

Par Christophe Gigon

Label: Autoproduction

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Retrospective est un tout jeune groupe polonais, dont Spectrum of the Green Morning est le premier album, autoproduit. La Pologne, grand incubateur de jeunes oeufs néoprogressifs abriterait-elle encore en son sein quelque nouvelle découverte de bon aloi ? Retrospective est bel et bien une découverte, mais en aucun cas une révolution. Certes, il est en effet bien trop tôt pour augurer du futur de cette équipe formée de très jeunes musiciens, mais les influences manifestes sont encore bien peu digérées. Riverside, autre groupe polonais bien connu des amateurs du genre (et pour cause !) est l’influence principale de Retrospective. Le chanteur, Jakub Roszak, possède d’ailleurs un timbre de voix très proche de celui de son mentor Mariusz Duda. Les jeux de guitare de Maciek Klimek et d’Alan Szczepaniak ressemblent également à s’y méprendre à celui du guitariste du groupe polonais à l’aura grandissante. Bigre, l’histoire de la musique s’accélère ! Riverside vient à peine de se défaire de son étiquette (faussement collée du reste) de clone polonais de Porcupine Tree qu’il accouche déjà d’un enfant sous influences : Retrospective.

Le son et la production sont corrects, mais sans grande recherche. L’amateur de rock néo-progressif polonais sait à quoi s’attendre : propreté générale de l’ensemble, guitares très clairement définies (même quand elles se font plus agressives), chant maniéré qui peut se faire également plus sombre et lignes de basse bien marquées. Les musiciens, malgré leur jeune âge, sont excellents et les structures des morceaux, complexes, sont parfaitement maîtrisées. Le ridicule est donc largement évité ! Les compositions sont plutôt bonnes et l’ensemble se laisse écouter avec un certain plaisir, même si la sensation d’écouter un premier album mystérieusement caché de Riverside se fait plus patente à chaque écoute. C’est naturellement le gros point faible de ce premier essai. Retrospective n’a certes jamais caché ses influences, qu’il a puisées dans le passé musical du rock progressif (il n’y a qu’à regarder l’illustration de pochette, quasiment calquée sur celle du magnifique Wind and Wuthering de Genesis, le logo du groupe, « progressif » en diable, jusqu’à leur patronyme, qui montre une certaine nostalgie d’un passé heureusement non révolu.)

Pour un premier essai, ce n’est certes pas un coup de maître, mais cet album possède un « je ne sais quoi » de bien agréable, qui fait que l’on ne peut s’empêcher d’imaginer ce groupe, dans quelques années, responsable d’un disque qui marquerait le milieu et dans lequel il aurait choisi d’évoluer. C’est tout le mal qu’on peut leur souhaiter. A défaut, ils n’auront plus qu’à changer leur nom en Riversides’ Retrospective. Ainsi, il n’y aura plus tromperie sur la marchandise. Laissons donc le temps d’éclore à ces trop jeunes œufs : Pâques vient en effet d’être fêté, ne soyons point trop pressés !