Percevalmusic - Dormir Sommeil

31/03/2008

Par Mathieu Carré

Label: Effervescence

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Adeptes des formations aux noms étranges et déroutants, Tony C, guitariste de Chevreuil revient sur le devant de la scène avec ce duo au patronyme médiéval. A priori aussi éloigné du Moyen-âge et de ses chevaliers que Chevreuil pouvait l’être des battues en sous-bois, Perceval Music, mosaïque mi-électrique (Tony C aux guitares et arrangements) mi-acoustique (Ti Yann Février à la batterie et aux saxophones) propose avec Dormir Sommeil un voyage au fil des libres associations cérébrales du rêveur.

Comme lors d’un songe les invraisemblances se multiplient, s’associent, mais on y croit dur comme fer, la faute à une inspiration supérieure et à une réelle cohérence de l’ensemble. Au cœur de ces déambulations nocturnes, on croise le métal et la nature. Des nuages d’étranges saxophones qui s’envolent, Glenn Branca en preux paladin invectivant les foules (« Oxo la Terre »), un clavecin rutilant et des courses de batterie effrénées sur des sentiers accidentés se succèdent. Portés par un sens rythmique mêlant les extravagances aux cadences les plus basiques, la musique de Perceval ne cesse de surprendre jusqu’à inclure sans coup férir des sirènes redondantes venant directement des années 80 (« Coco Braise » ou « Vision »). Au terme des quarante minutes de cette sieste improvisée dans une clairière en acier, une douce injonction féminine clôt l’expérience, le retour à la réalité risque d’être douloureux.

Pendant onirique d’un math rock souvent porteur d’une aridité peu engageante, Dormir Sommeil confirme les atypiques talents de Tony C déjà entrevus précédemment. On se souhaite de nombreuses autres nuits comme celle-ci.