Animations - Animations

27/03/2008

Par Dan Tordjman

Label: Autoproduction

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Et si la Pologne était devenu l’autre pays du progressif ? Cela n’a rien d’une plaisanterie, il s’agit bien d’un état de fait authentique. Le succès de Riverside a nourri bien des envies de renommée, et les dernières livraisons de Retrospective, Cash-mere ou Quidam sont parlantes : une déferlante venant de Pologne est sur le point d’envahir l’Europe.

Animations n’échappe pas à la règle, et apporte sa pierre et son style à l’édifice. Le quatuor polonais verse dans un metal progressif instrumental. Evidemment, on pense au Liquid Tension Experiment, mais un cousinage avec Planet X n’est pas à exclure, sans compter que les sonorités de clavier « à l’ancienne », présentes ici et là, viennent dépoussiérer un style plus ou moins tombé en désuétude.

Des lors, qu’espérer d’un tel disque ? Il est vrai qu’on ne peut pas dire qu’il parte favori sur la ligne de départ. Et pourtant, les lignes mélodiques et les atmosphères créées par le claviériste Tomek Konopka sont remarquables et très variées, ce dernier ne tombant jamais dans le piège de la technicité à outrance. Animations est un disque très homogène, avec deux pavés de quinze et dix-huit minutes. Le premier, « 911 » vaut l’écoute pour ses passages calmes et certaines parties de piano bien senties. Le second, « Animations », monte en puissance avant de partir – hélas – dans des plans déjà maintes fois entendus, où le guitariste Kuba Debski essaie d’évacuer le John Petrucci qui est en lui.

Animations est un disque puissant, mais qui souffre d’une production inégale et inconstante, avec une batterie (cette caisse claire à la St Anger, ARGH !) mixée à la va-vite, qui écrase les instruments, notamment la basse de Bartek Bisaga. Gageons qu’avec un son plus cohérent, ce groupe gagnera en homogénéité et parviendra à séduire un public amateur d’instrumental de haute technicité, qui n’est pas toutefois pas rebuté par le coté « déjà entendu ». Car Animations, mine de rien, se laisse écouter.