Marble Sheep - Message from Oarfish

27/03/2008

Par Jérôme Walczak

Label: Funfundvierzig

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Marble Sheep est un groupe de rock psychédélique japonais. Mais, soyons honnête, le rédacteur de cette chonique n’a jamais vraiment compris ce que pouvait être le rock psychédélique. Tant de choses se glissent derrière cette étiquette : des premiers Pink Floyd, notamment The Piper at the Gates of Dawn, jusqu’à Ozric Tantacles, en passant par Amon Düül II… Des rythmes dégingandés et brinquebalants du grand Syd Barett au chaos organisé d’Ozric Tentacles, tout cela fait un peu désordre et l’amateur, si éclairé soit-il, risque bien de s’y perdre… C’est d’ailleurs le but : cette musique est anarchique, elle se moque des styles, des étiquettes et laisse la part belle à la seule chose qui vaille : le rêve et l’évasion. S’il est un genre auquel on ne peut mettre une étiquette, c’est bien le psychédélique, sauf si l’on part du principe que le psyché, c’est du n’importe quoi. Nos Nippons auront donc retenu cette dernière définition…

Marble Sheep, de ses glorieux prédécesseurs, hérite de la complaisance dans le n’importe quoi : ce quatorzième album (mazette, il y en eut donc treize auparavant, et personne n’en entendit parler…) ressemble à beaucoup de choses, sauf à de la musique psychédélique. Message from Oarfish, c’est un vieux David Bowie éraillé, un disque de faces B des Stooges, c’est Iggy Pop à l’eau minérale, c’est Lou Reed sous acides, c’est de la musique punk pas chère. Enfin, Marble Sheep, ce sont des myriades de choses, mais pas du rock psychédélique, ou alors, le psychédélisme synonyme de voyages, d’errements, de pertes, d’addictions, de voyages sans fin, où errent les ombres de William Burroughs, Jim Morrison et Andy Warhol, a pris ces dernières années une sacrée gifle dont il ne se remettra jamais.

Marble Sheep est animé par l’amour de la musique, disent-ils. Ils ont un petit public en Allemagne et y font quelques scènes, disent-ils… Mais enfin, à l’écoute de ce disque dont la pochette fera fuir le premier dépressif venu, que retenir de notable ? On dirait un David Bowie produit par les Sex Pistols. La guitare est très saturée, un peu trop, le tout se veut vaguement pop, mais méchant quand même. Marble Sheep, c’est un groupe d’adolescents qui s’éclatent bien dans leur garage en attendant les jours où la reconnaissance, le succès, les filles et l’argent couleront à flot.

Quelques accords, deux ou trois, guère plus, servent de fil conducteur à un ensemble assez vite ficelé, sans grande envergure, sans accrocher l’oreille de manière définitive. Passons sur une production bâclée, un son médiocre et un album dont la longueur (à peine trente minutes) confine au je m’en foutisme… Non que l’ensemble soit foncièrement mauvais, cela se laisse écouter, mais au fond d’un bar bien complet du 11ème arrondissement, vers 23h, quand les gens parlent de leurs RTT et des vacances à Megève. Message from Oarfish n’est pas un mauvais disque, c’est un disque inutile.