The Esseness Project - The Esseness Project

19/03/2008

Par Guillaume Beauvois

Label: Two Louder Music

Site: www.theessenessproject.com

Quand un guitariste connu pour ses prestations dans divers groupes, tels que Testament (pour le thrash metal) ou Nevermore (pour le metal progressif), décide de créer un album instrumental, on ne sait jamais à quoi s’attendre. 

The Esseness Project n’est pas l’œuvre d’un seul homme, selon les dires de Steve Smyth, guitariste en chef, mais celle d’un vrai groupe : en effet, Esseness signifie « S and S », association de Smyth et de Steve Hoffman à la basse. Ils se sont adjoints les services d’Atma Anur à la batterie, connu du monde du shred pour avoir officié sur de nombreux albums du label Shrapnel Records de Mike Varney. Le noyau du groupe est donc constitué par la paire guitare / basse, Anur ayant été embauché une fois les compositions bien avancées. Cette cohésion peut ainsi s’entendre sur certains morceaux qui font la part belle à la basse plutôt inventive d’Hoffman (« Can You See What I Hear », « Sphere » ou « Strands of Fascia »).

Malheureusement l’album tombe souvent dans les écueils de tout disque de shredder. Les plans rapides et techniques s’enchaînent sans grande inspiration. Un titre comme « Only Time Will Tell » se veut impressionnant de virtuosité, mais ne fait que ressasser les mêmes passages néoclassiques entendus ailleurs mille et une fois. Les influences lorgnent même parfois du côté du plagiat; « Just When You Think » et son phrasé typique du duo Friedman / Becker en est un exemple flagrant. Il est vrai qu’Atma Anur a tenu la batterie sur Speed Metal Symphony de Cacophony. Peut-être était-ce un clin d’oeil de Steve Smyth… Les rares moments de relative originalité se trouvent dans les passages plus atmosphériques, pendant lesquels la basse ronronne tandis que des accords cristallins créent l’ambiance (« Learning to Swim »). 

L’écoute un peu laborieuse de The Esseness Project n’est en outre pas facilitée par le son de la guitare. On se croirait revenu à la fin des années 80… du temps du duo mythique Becker / Friedman ! Heureusement, les passages moins virtuoses permettent de reposer un peu les oreilles, mises à mal par ce son fourmillant et ultra compressé.