Captain Cutthroat - Captain Cutthroat (EP)

17/03/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

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Captain Cutthroat est ce qu’il convient d’appeler un groupe prometteur. Vainqueur de la finale US du concours Emerganza en 2006 (qui promeut les artistes émergents), ce quinquet de Boston déboule en force avec un EP éponyme très rock‘n’roll aux accents punk-metal, jazz, et rythm’n’blues.

La folie débridée qui règne sur ce disque fait immanquablement penser à l’incontournable Mr. Bungle – influence clairement revendiquée par le groupe – mais les racines du bon vieux rock des années 1960 et 1970 affleurent constamment à la surface de ces six compositions très rythmées au sein desquelles « digression » s’impose comme le mot d’ordre. Souvent réussis, parfois artificiels, ces incessants changements mettent en lumière l’étonnante diversité des influences que véhiculent ces coupe-gorges pourfendeurs de la monotonie musicale. Seul « Roseland » troque le n’importe quoi généralisé contre un swing carré et terriblement efficace qui tient en haleine d’un bout à l’autre.
Dans ce genre de formations, la pierre d’achoppement peut facilement être incarnée par le chanteur. En charge de cette périlleuse tâche, Phil Desisto s’inspire largement du Patton crooner, quelques fois du Patton hystérique. Ce registre à deux vitesses finit par lasser sur la durée, voire frustrer, en regard des immenses possibilités que semble posséder le vocaliste.

Trou de serrure étroit au travers duquel on devine de prometteuses choses, Captain Cutthroat a le mérite de mettre l’eau à la bouche. Et comme l’appétit vient en mangeant, on peut raisonnablement espérer qu’après ce hors d’œuvre plutôt goûtu se profile un succulent plat de résistance.