DeadSoul Tribe - A Lullaby for the Devil

03/03/2008

Par Christophe Gigon

Label: InsideOut Music

Site:

Voilà un bien bel ouvrage fort difficile à classer, commenter, analyser voire même (et surtout) conseiller. Déjà, le style musical dans lequel évolue Dead Soul Tribe : un large terreau fertile et bouillonnant duquel bien malin qui pourra extraire les racines ou influences principales. Naturellement, à l’écoute de cet intéressant artefact musical, de multiples idées viennent s’emmêler. On pensera tour à tour à Queensrÿche, Pain of Salvation, A Perfect Circle, Jethro Tull (à cause de la flûte virtuose du meneur Devon Graves), Porcupine Tree, Symphony X voire le Floyd de l’ère glaciaire menée par Waters. Mais, en même temps, Dead Soul Tribe parvient avec une maestria confondante à déconstruire toutes ces possibles influences pour en reconstruire, par synthèse, un monstre magnifique qui ne ressemble à rien d’autre. Non, vraiment à rien. Votre serviteur ne peut que rester coi devant tant de noire fraîcheur et d’énergie d’une rare densité. C’est pourtant déjà le cinquième album de Dead Soul Tribe, quatuor qui n’existe pourtant que depuis 2000 après que le chanteur, guitariste et principal compositeur Devon Graves a décidé de saborder l’entreprise Psychotic Waltz.

Cependant, selon les dire mêmes du capitaine Devon, le Dead Soul Tribe nouveau lorgne vers de nouveaux horizons et quitte un peu le metal tribal qui semblait être la marque de fabrique du groupe dans ses quatre premières productions. L’ensemble reste progressif, au sens étymologique du terme, bien que la musique proposée aujourd’hui sorte des sentiers habituellement empruntés par les représentants de cette scène musicale. Il reste néanmoins une certaine ambition dans l’architecture des morceaux qui constituent cet album, une production classieuse parfois lyrique et la voix-chaméléon du chanteur Devon Graves. Et tout cela concourt à connoter très « progressivement » cette musique pourtant difficilement classable. Devon Graves qualifie lui-même sa musique de « metal des temps modernes », tout un programme !

Les dix titres qui composent cette somme musicale sont tous très différents les uns des autres sans que l’unité de l’ensemble n’en soit altérée. Une prouesse. Des moments calmes et planants font suite à des moments de sauvagerie crue. Des volutes de flûtes viennent panser les plaies des oreilles agressées par les riffs plombés du guitariste que ne renierait pas le père Tony Iommi de Black Sabbath. Un voyage en enfer musicalement paradisiaque.