Specimen 37 - The Endless Looping Game

26/02/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

Site:

Défendant une cause quasi-perdue d’avance mais toujours noble, celle de sortir de l’anonymat (et parfois de l’oubli) la musique inventive, qui apporte quelque chose à l’édifice, Progressia est heureux de présenter aujourd’hui les Américains de Specimen 37 et leur second album, The Endless Looping Game, sorti dans l’indifférence générale en 2004.

The Endless Looping Game retrace une semaine de la vie d’un « spécimen » humain, dans ses activités les plus anodines et dans ce que le quotidien a de plus aliénant. Un concept basé sur la recherche du sens, sur la peur et les interrogations générées par la vacuité de la vie. Rien de bien original donc, en apparence. Pour développer ce thème, Specimen 37 utilise tous les artifices nécessaires, et en priorité des styles adaptés à chaque climat : space rock, musique électronique, hard rock, et rock psychédélique. Certaines comparaisons sont inévitables, on pense à Pink Floyd pour le côté planant de certains titres, les guitares, les passages parlés, les bruitages (« Monday », « Thursday Morning Jogger ») et à Porcupine Tree pour les parties plus énervées (« Blow up Things » et son entêtant riff tournant, « Logging on », « Helix »).

Mais Specimen 37 ne se contente pas d’assembler une mosaïque de styles et d’influences plus ou moins digérées. Immédiateté et lentes progressions, douces tiédeurs organiques et froideurs métalliques, les opposés se donnent constamment la réplique sur ce disque tout en atmosphères, à l’image du titre éponyme, qui développe dans toute sa première partie une atmosphère surannée, un brin nostalgique se muant soudainement en un climat délétère, mécanique, voire industriel.

Avec The Endless Looping Game, Specimen 37 s’en tire fort bien dans le difficile exercice de style qu’est l’album conceptuel. Dissimulée derrière quelques influences encore trop évidentes, le groupe cache une forte personnalité qui lui permet de se détacher très largement de la sphère des simples suiveurs… à suivre !