Don Airey - A Light in the Sky

20/02/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Mascot Records

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Don Airey… Don Airey ? Attendez, ne me dites rien… Je l’ai sur le bout de la langue… Non, vraiment, ça m’échappe. Comment dites-vous ? Le claviériste de Deep Purple ? Bon sang, mais c’est bien sûr ! Don Airey, c’est cette institution du clavier, qui a joué avec les plus grands et remplacé John Lord dans Deep Purple en 2002 ! Je suis inexcusable.

D’autant que l’impressionnante discographie du monsieur parle d’elle-même. En effet, qui peut se vanter à l’heure actuelle d’avoir joué ou enregistré avec Ozzy Osbourne, Gary Moore, Jethro Tull, Rainbow, Cozy Powell, Whitesnake et bien d’autres encore ? Dès lors, à quoi doit-on s’attendre avec A Light in the Sky de la part d’un musicien ayant côtoyé la crème du hard rock des années 1970 ?
Concrètement, Don Airey ratisse très largement dans le public de Deep Purple, tout en se permettant quelques digressions fort bienvenues… bien que trop rares. Entre hard-rock enluminé par des tonnes de claviers et rythmes enfantés par la NWOBHM, la plupart des titres ne sont pas déroutants pour un sou, qu’ils soient chantés (« Shooting Star », « Endless Night ») ou instrumentaux (« Andromeda M31 », « Pale Blue Dot »). Dans ce style décliné maintes fois, la réussite passe par un minimum d’originalité, il n’est donc pas étonnant que des titres plus ambitieux comme « A Light In The Sky Pt.2 » et « Big Crunch » (qui évoque furieusement Niacin) tiennent bien mieux la route que leurs compagnons. L’originalité a beau s’être perdue dans le cosmos du concept, A Light in the Sky reste tout de même suffisamment dynamique et varié pour ne pas déclencher d’intempestifs bâillements… du moins si l’on fait poliment abstraction de la pseudo-ballade « Love You Too Much », mielleuse et cliché à souhait.
Si quelque courageux guettait néanmoins les variations de cette lumière dans le ciel, il trouverait quelques bricoles moins consensuelles à se mettre sous la dent, des instrumentaux qui tendent à confirmer l’existence en Don Airey d’un vrai talent de compositeur. Ainsi, des titres moins formatés comme « Space Troll Patrol », ou l’enchaînement « Cartwheel ESO 350-40 » / « Sombrero M104 » / « Into Orbit » tirent vers le haut cet album assez frileux dans son ensemble.

A Light in the Sky fait donc principalement honneur à ce bon vieux hard rock des familles copieusement arrosé de claviers, qui se consomme sans modération. Mais entre brossage dans le sens du poil et franche émancipation, Don Airey serait bien avisé de revoir son choix au prochain essai.