Sean Malone - Cortlandt (rééd.)

18/02/2008

Par Aleksandr Lézy

Label: Free Electric Sound

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En 1994 sort Focus, l’unique album à ce jour de Cynic, groupe américain de death metal atypique dans lequel officie un jeune bassiste : Sean Malone. Les activités de son groupe tournant court, la solution de sortir un album solo est probablement la meilleure. Cortlandt voit donc le jour en 1996 sous un obscur label (AudioImage Records). Très vite épuisé ce disque devient un « collector » lorsque le multi-instrumentiste refait surface en 1999 avec Gordian Knot, projet instrumental avant-gardiste en matière de metal, accompagné d’une clique de musiciens tous les plus incroyables les uns que les autres tels Sean Reinert (Cynic, ex-Death), Ron Jarzombek (Watchtower, Spastic Ink), Trey Gunn (King Crimson) ou même John Myung (Dream Theater).Une ré-édition s’imposait et c’est Free Electric Sound, une filiale du fameux The Laser’s Edge, qui ressort onze années après cet album méconnu. Sans doute une reformation de Cynic aura-t-elle contribué à ce regain d’intérêt pour le musicien…

Cortlandt est un pionnier hollandais qui a donné son nom à une ville de l’état de New York, il s’agit donc sûrement d’un hommage. Des hommages, il y en a quelques-uns sur cet album. L’attachement de Sean à des artistes qui ont marqué l’histoire de la musique est sans limite. Au-delà donc de son jeu de basse hérité de Jaco Pastorius, il revisite Bach avec son stick Chapman et sa «;&nbspSinfonia; » mais aussi John Coltrane avec l’inaltérable «; Giant Steps; », tous deux dans des versions très personnelles. « Splinter » rappelle les incontournables du jazz-fusion Tribal Tech, quant à « At Taliesin », il annonce Gordian Knot inévitablement, tandis que « Fischer’s Gambit » sera lui retravaillé sur Gordian Knot.

Cortlandt représente le principe même de l’album solo. Un disque où le musicien montre ses talents d’écriture associés à sa plus large palette de techniques et de sonorités. Le résultat est homogène et même si les styles abordés sont différents, le tout s’inscrit dans une base jazz. Malone réussit à s’approprier ces genres et les faire siens. Accompagné par quelques pointures comme Sean Reinert, à la batterie, Reeves Gabrels, fameux guitariste de David Bowie ou Trey Gunn à la Warr guitar, Malone bénéficie du soutien idéal à ses compositions. La production du disque quant à elle, est limpide, honnête.

Voici donc réuni sur un seul disque ambitieux, tout ce que Sean Malone n’a quasiment jamais montré de lui-même en tant qu’artiste. Une palette assez large de sons, de modes de jeu et de textures. Son approche musicale est brillante, généreuse et modeste. Il prouve qu’il est le descendant en ligne directe de Jaco Pastorius sans jamais l’imiter, s’inspirant à sa manière de son style. Un premier pas, annonciateur de ce qui suivra …