Mörglbl Trio - Grötesk

14/02/2008

Par Christophe Gigon

Label: The Laser's Edge

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Sous cette appellation pour le moins étrange et imprononçable (essayez, vous verrez !) se cache l’un des multiples projets du guitariste virtuose français Christophe Godin (Temple, Gnô et Christophe Godin’s Metal Kartoon). Ce guitariste chanteur fait beaucoup parler de lui depuis plus de dix ans déjà, tant il est sur tous les fronts. Jugez plutôt : il participe à Guitare Attitude, fait des apparitions plus que remarquées sur le plateau de Nulle part ailleurs, enseigne à l’E.T.M. de Genève (Ecole des musiques actuelles et des technologies musicales) et au célèbre M.A.I. (Music Academy International) de Nancy où travaille également Hassan Hajdi, guitariste de Ange, et mène divers projets musicaux dont Mörglbl, trio déjanté qui sort son troisième album. Tous les projets de Christophe Godin ont pour dénominateurs communs la guitare, l’humour, la virtuosité, sans oublier la qualité ! On naviguera donc, une fois de plus, entre jazz, funk, metal et pop.

Mörglbl existe depuis plus de dix ans et Grötesk est donc le troisième album de ce trio fou constitué, outre Christophe Godin au chant et à la guitare, de Ivan Rougny à la basse et au chant et de Jean-Pierre Frelezeau à la batterie – et au chant également. La musique pratiquée par le groupe est à l’image du patronyme qu’il s’est choisi : difficile, inclassable, complexe mais joyeuse. Par moments, l’auditeur aura l’impression d’écouter le nouvel album de Joe Satriani, de Steve Vai ou même d’un Frank Zappa ressuscité. Mais la plupart du temps, il aura plutôt l’impression de ne jamais avoir écouté de musique ressemblant de près ou de loin à ce maelström sonore ébouriffant.

Tous les styles ou presque sont représentés dans cette galette des rois. On commence par la samba débridée qui ouvre l’album (« Tapas nocturne ») pour conclure avec une improvisation en studio pas piquée des vers (« Studio délirium ») qui achèvera d’étonner les plus sceptiques. Entre ces deux morceaux, la quasi totalité des styles musicaux dédiés à la six-cordes sera passée en revue : funk, jazz, jazz-rock, rock instrumental classique « à la Satriani », musique aérienne qui pourrait être une musique de film (« Les petits nous »), metal, flamenco et improvisations du meilleur effet. Le tout donne un peu le tournis mais sait rester tout de même accessible. Le but n’est en effet jamais de rester hermétique mais, bien au contraire, d’entraîner l’auditeur estomaqué dans la folie « mörglblienne » afin qu’il n’en sorte pas indemne.

Un album réjouissant pour bien commencer l’année. Un disque polymorphe qui donne la pêche et qui saura offrir à votre platine un mets copieux, raffiné et consistant qu’elle aura peut-être de la peine à digérer. Vous pourrez alors toujours lui donner, en cas de problèmes digestifs, le dernier album des Eagles, parfait laxatif.