Bloodjinn - This Machine Runs on Empty

06/02/2008

Par Aleksandr Lézy

Label: Listenable Records

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Bloodjinn fait partie de ces nombreux groupes américains pratiquant le metalcore, à l’instar de Shadows Fall ou Killswitch Engage. Mêlant les éléments du heavy metal (la plupart du temps mélodique) à ceux du hardcore pour la lourdeur et les cadences soutenues des riffs, ainsi que les voix criées, ce genre ouvre une nouvelle porte à la fusion des styles, apportant ainsi un certain renouveau, ou tout du moins un petit air de fraîcheur, à une musique longtemps restée statique et emplie de clichés.

2008 voit la sortie du troisième album de Bloodjinn, This Machine Runs on Empty, longuement attendu. Après un break de quelques années suite à la sortie en 2003 de Leave This World Breathing, Bloodjinn revient à l’attaque avec une formation remaniée et des morceaux « boostés » à bloc, pour dix titres sans concession, où les tempi rapides sont de rigueur, écrasés de guitares lourdes préservant, de temps en temps, des ponts mélodiques. Les riffs ont le mérite d’être sévèrement efficaces et consistants : n’allez pas chercher de passages à vide, il n’y a en pas ! Une fois le train lancé, plus rien ne l’arrête.

Bloodjinn est l’équation parfaite entre The Opposite of December, premier album de Poison the Well (1999) et la dernière mouture d’In Flames Come Clarity (2006). Le duo que forment les deux guitaristes Kile et Jeff est le moteur de la machine Bloodjinn : parfaitement complémentaires, surtout lorsque leurs riffs sont dissociés, ils jouent sur tous les tableaux, y compris celui des soli, peu nombreux mais qui font mouche. La musique des cinq de Greensboro (Caroline du Nord) se veut carrée et efficace, et elle gagne encore en intensité lorsque la voix de Joel Collins (fondateur du groupe en 1999) vient s’ajouter à un ensemble déjà bien puissant. Plus « ça » crie, plus l’impression de violence est grande !

Bloodjinn ne fait pas de l’originalité son cheval de bataille. Simplement, tout est très consciencieusement pensé et parfaitement exécuté, certains riffs étant même ingénieux. Quant à la production, elle est à la hauteur et, bien que classique, elle est propre, puissante (grâce à une armada de compresseurs) et volumineuse.

This Machine Runs on Empty semble être le résultat d’une sorte d’étude de marché, ayant couché sur le papier tout ce qui serait imparable avant la composition. Sans nul doute, il n’y a rien à reprocher à ce groupe qui a compris que les guitares accordées plus bas que le mi, les tempi rapides et les rythmes entraînants et saccadés ainsi que les voix puissantes et criées provoquaient une certaine frénésie chez l’amateur de metal. Bloodjinn réalise donc un album convaincant et plein d’ambition.