Coda - Sounds of Passion (rééd.)

17/01/2008

Par Christophe Gigon

Label: Transmission Records

Site:

L’un des albums mythiques des années quatre-vingt est aujourd’hui ressuscité par Pseudonym Records qui avait déjà édité le second album de Coda What a Symphony en 1996. Récapitulons donc l’histoire de cet album-culte : en 1986 paraît le premier album de Coda, projet néerlandais articulé autour du claviériste et principal compositeur Erik De Vroomen. Celui-ci, secondé par ses acolytes musiciens, a voulu créer une œuvre conceptuelle et spirituelle de rock symphonique très influencée par Camel, The Enid et les premiers albums de Steve Hackett. Et en avant mellotron, nappes synthétiques et soli de guitare fluides et planants. L’ensemble, foncièrement instrumental, a fait la joie des audiophiles de l’époque alors en pleine disette progressive. Nous sommes en 1986 et le moins que l’on puisse dire est que le rock progressif n’avait pas le vent en poupe! Cet album-culte est donc venu à point nommé donner quelque nourriture à l’afficionado progressif au régime strict, gavé de Duran Duran, A-ha et autres Erasure ! Il a donc fallu attendre dix ans pour que paraisse le successeur de Sounds of passion, le décevant What a symphony.

Ce double album est donc la réédition de l’album de 1986 agrémenté d’un second disque de bonus : singles, titres inédits, versions remixées et autres démos qui ne manqueront pas d’intéresser les amateurs du genre. Le tout servi avec un luxueux livret de vingt pages. Naturellement, l’album est articulé autour du premier long morceau, «  Sounds of passion » ( une demi-heure au compteur !) lui-même divisé en quatre mouvements dans lesquels des thèmes récurrents font leur apparition, suivant en cela les modèles classiques du genre (Tubular bells de Mike Oldfield lui-même inspiré du célèbre Boléro de Ravel). Viennent ensuite deux petites pièces moins ambitieuses mais tout aussi intéressantes : « Crazy Fool Dreamer » et « Defended » à la structure plus pop. Mais le maître d’œuvre de Coda n’a jamais caché qu’il aimait autant le côté pop de Genesis, Gentle Giant ou Yes que la musique classique en tant que telle. Certes, un tel album a passablement vieilli aujourd’hui, comme la plupart des albums progressifs des années quatre-vingt (Galahad, Pallas ou Pendragon), même si le fait que la musique de Coda soit inspirée directement du rock progressif des années soixante-dix et ne ressemble en rien au rock néoprogressif mis au goût du jour de l’époque par les groupes précités, la rend paradoxalement moins datée. L’auditeur est davantage plongé dans des ambiances dignes de celles proposées par les premiers albums de Steve Hackett ou de Mike Oldfield que dans des productions plus froides typiques des « eighties ».

Un savoureux voyage dans le passé que nous permet cet album dont c’est déjà la troisième réédition (1986, 1991 et 2007) après la faillite du label hollandais SI Music au milieu des années quatre-vingt-dix. Un disque très exigeant, tant dans le fond (savant mixte d’influences rock et classiques) que dans la forme (un son digne des meilleurs Alan Parsons Project ou Pink Floyd) qui ravira les nostalgiques et étonnera les novices.