Planets - Planets

15/01/2008

Par Guillaume Beauvois

Label: Distile Records

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Un nom de groupe et un packaging très original orientés vers l’écologie laissent présager de bonnes choses. Quoi de mieux qu’une jaquette en tissu cousu main avec une vraie feuille prise au piège sous un film plastique en façade ? Après un petit moment à essayer d’ouvrir l’objet sans rien endommager, l’écoute peut enfin avoir lieu. 

Mais quel est donc ce groupe déniché par le label français Distile Records ? Sous ce nom sibyllin se cachent deux californiens, Paul Slack à la basse et Thomas Crawford à la batterie. Ces musiciens, tout aussi techniciens que mélomanes, ont condensé douze titres sur un disque affichant presque vingt-six minutes au compteur. Les interrogations s’accumulent alors que la touche de lecture n’est toujours pas enfoncée. Puis vient l’instant magique. Le disque tourne et délivre ce qui semble être du bruit organisé puis déstructuré. La première écoute est déconcertante. A-t-on affaire à des génies expérimentaux à la limite du bruitisme ou à un duo qui raille la scène math rock/indus ? le flou de l’étiquetage est la conséquence d’un ensemble relativement indomptable de prime abord.

Planets alterne passages planants et morceaux complets, comme « In » ou « Short Prelude », ou propose de petits interludes (« O People », « Dude Life » et son introduction avec un son inversé de basse) avec des passages plus rythmés à l’allure totalement déstructurée mais aux formes codifiées. En témoigne le premier vrai morceau « O People » et son riff de basse totalement dégingandé, sa batterie épileptique dont la structure refrain/couplet/refrain/pont1/pont2 reste cependant apparente pour la première moitié du titre. S’en suit un des passages planants mais riche en tensions évoqués précédemment et enfin une partie plus « carrée » mais tout aussi relaxante. 

L’album de Planets est en grande partie à l’image de ce titre : une alternance de passages ultra rythmés à la limite du bruitisme, aux rythmes rapides et irréguliers, et de parties plus mélodiques et en apparence plus apaisées. C’est sur ces dernières que les musiciens de Planets expriment vraiment leur art, à savoir créer une atmosphère prenante, tendue, et de brillants passages atmosphériques en duo basse/batterie agrémentés par moments de samples. « Return of a Dead Man » en est un parfait exemple. Un début strident et arythmique, avec une basse lourde, mélodique, et une batterie énergique arrivant petit à petit pour aboutir à un sample sursaturé.

Planets est donc un disque déconcertant à la première écoute mais qui se laisse apprivoiser petit à petit grâce notamment à quelques passages d’ambiance pure ou de mélodies parfaitement amenées. Un disque qui permet de découvrir de nouveaux horizons.