Øresund Space Collective - The Black Tomato

14/01/2008

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Record Heaven

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Mouais… La vague space-cannabis-c’est-d’la-bonne-mon-frère connaît un regain de vigueur indéniable ces dernières années en Scandinavie. Alors, tant qu’il y en a, autant en mettre partout, partout, partout ! Voilà qu’on découvre un champion du monde en la matière : Øresund Space Collective ! Comme son nom l’indique, il s’agit d’un collectif. A cause de la fumée, on ne distingue pas tous les musiciens mais il y a au moins trois guitaristes, trois claviéristes et deux bassistes, certains Danois, d’autres Suédois et peut-être même des Américains (des fans du Grateful Dead, peut-on supposer). Il s’agit donc d’un collectif jouant une musique spatiale, du genre vraiment intergalactique. Sur la page d’accueil de leur site, le groupe se qualifie comme Totally Improvised Space Rock. A la bonne heure ! Préparez votre fumette (au-dessous de vingt centimètres : non admis !) et départ !

The Black Tomato est le deuxième essai officiel de l’ensemble. Formé de trois jam sessions dont une de trente-huit minutes et l’autre de trente-deux, le disque fait suite à un premier double album long de plusieurs années-lumières, ce qui explique qu’il ne soit pas encore arrivé sur les colonnes de votre site préféré. Premier point à soulever : il s’agit bel et bien de jam sessions et non de rock totalement improvisé tel que l’ont en leur temps pratiqué Cream ou King Crimson. Ainsi, l’album a été enregistré en deux jours de jam endiablées flirtant avec du Hawkind ou du Pink Floyd. C’est n’est pas spécialement désagréable, il y a comme toujours dans ce genre de musique des moments intenses, et les musiciens sont même excellents ! Mais cela reste des jam sessions !

Le deuxième point à mettre en évidence est la directe conséquence du premier : le manque d’aboutissement de l’album, un peu comme une œuvre inachevée. Assez souvent, les morceaux d’un album sont issus de jam sessions préalables, à l’instar du Wish You Were Here des Floyd. Ce n’est de loin pas le seul cas, tant s’en faut, mais il en existe un tout à fait documenté : Layla & Other Assorted Love Songs des Derek & The Dominos, dont le coffret triple CD du vingtième anniversaire montre l’évolution des morceaux ou parties qui seront achevées sur l’album grâce aux multiples jams du groupe. Et bien, c’est un peu cela Øresund Space Collective : un début, une esquisse. Et on se demande ce qu’ils pourraient bien faire s’ils se décidaient une fois à aller plus loin que de l’enregistrement rapide voire vite fait comme en témoignent les dizaines d’heures de musique disponibles sur leur site ou sur archive.org. Les Dominos ont bien réussi à dépasser la jam session pour sortir l’un des grands albums de l’histoire du rock, eux. Ce n’est pas Eric Clapton qui nous contredira.