Sense - Going Home

01/01/2008

Par Christophe Gigon

Label: Ipso Facto

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Sense est une formation québécoise qui pratique un rock progressif classique, très classique, comme on aime à le pratiquer dans la Belle Province, forteresse d’un rock progressif toujours aussi apprécié là-bas. Le Québec est en effet le paradis du progueux en goguette tant ce style y est représenté. Il faut le voir (l’entendre) pour le croire ! Sense n’est donc, et de loin, pas le seul représentant progressif du Canada francophone. Qwaarn, Red Sand ou encore Jupiter 9 font partie de cette nouvelle mouvance sans oublier les « Anciens » que sont Harmonium et Maneige.

Going Home est le quatrième album de Sense bien qu’aucun des trois premiers n’ait véritablement bénéficié d’un véritable écho par chez nous. Le groupe existe depuis 2001 et pratique une musique très fortement inspirée des ténors du genre, Yes (à cause des harmonies vocales) et Genesis (à cause des nombreux arrangements de guitare douze cordes). Le groupe est formé de Stéphane Desbiens (guitares et claviers) et François Bérubé (guitare acoustique et vocaux) qui forment l’ossature de Sense. Mêlant folk et rock, la musique du tandem se distingue par un jeu virtuose, en particulier la guitare. En effet, Stéphane Desbiens n’est pas nouveau dans le circuit progressif québécois. Il a en effet collaboré aux formations suivantes : Rose Nocturne, Ere G, Red Sand, Mélia ou encore Jack Lavoie. Les harmonies vocales font tantôt penser à Yes ou Crosby, Stills and Nash. Sense a de suite été signé chez la fameuse maison Ipso Facto, référence incontournable au Québec. Les influences sont très marquées et le style peu personnel et assez indigeste. Tous les clichés progressifs sont bien présents : arrangements complexes, fréquents changements de rythme, vocaux maniérés, sons de claviers paléolithiques et, l’élément sans lequel un (mauvais) disque de prog n’en serait pas vraiment un, le passage syncopé « à la Supper’s Ready » (« Going Home »). Comme si cela ne suffisait pas, le chanteur est très limité dans ses prestations et les compositions, vaseuses, ne parviennent jamais vraiment à captiver l’auditeur.

Un album très moyen qui pourrait peut-être combler les fans les plus « jusqu’au boutistes » mais qui dégoûtera les autres. Un album trop riche et paradoxalement peu nourrissant, sans réelle saveur ni vitamines. Gras et lourd comme le plat national québécois à base de pommes de terre frites, de fromage et de sauce brune : la poutine. Qu’on ne se méprenne pas ! Le Québec est peut-être la plus belle région du monde, on y mange très bien et la culture musicale y est bien plus présente qu’ailleurs. C’est peut-être pour tout cela que Sense n’est pas vraiment l’ambassadeur idéal de cette magnifique région.