Oblivio - Dreams Are Distant Memories

13/12/2007

Par Christophe Gigon

Label: My Kingdom Music

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Oblivio est une formation italienne qui évolue peu ou prou en terrain passablement défriché. Jugez plutôt : la musique proposée par Oblivio est une sorte de metal atmosphérique progressif avec vocaux tantôt masculins et tantôt féminins. Cela ne vous rappelle rien ? Autant l’avouer d’emblée : Oblivio est à Anathema ce que Pineapple Thief est à Porcupine Tree ou Radiohead : un humble clone. Ce qui se remarque jusque dans l’esthétique générale de l’album ou de leur site Internet. Cela ne signifie pas pour autant que le groupe soit mauvais, loin de là. Dreams Are Distant Memories, premier album du sextette (d’où une certaine tolérance dans l’évaluation) est parfaitement agréable, (contrairement aux formations qui nous réchauffent le même plat tout au long de leur fade discographie), honorablement produit et recelant de bonnes mélodies qui se nichent profondément dans nos ouïes tout esbaudies.

Les neuf compositions qui le constituent sont de bonne facture et l’ensemble sonne homogène. L’ambiance générale ressemble à s’y méprendre aux derniers albums en date d’Anathema, à savoir A Natural Disaster (2004) et A Fine Day to Exit (2001). Du metal atmosphérique mélodique très réussi, empli d’arpèges floydiens et de vocaux tourmentés, entre chant clair et death comme le pratiquait jadis le groupe de Liverpool. La voix de Max Massimo est cependant plus puissante que celle de Vincent Cavanagh et ressemble parfois à l’organe-joyau de Geoff Tate de Queensrÿche.

Le problème reste tout de même entier : que faire de ces groupuscules suiveurs qui n’existent que par l’éclat de leurs prédécesseurs ? Nous ne parlons pas ici de formations influencées puis affranchies, mais bel et bien de clones. Y a-t-il un monde parallèle dans lequel les gens n’écouteraient que Heart of Sun (clone de Dream Theater), Pineapple Thief, Red Sand (clone de Marillion) ou Drama (clone de Yes) ? S’il existe, alors vous pourrez vous procurer le dernier album d’Oblivio. Si vous ne le trouvez pas, cherchez bien, il sera probablement disposé à côté du dernier album d’Abigails Ghost, dont la perle Selling Insincerity est vraisemblablement l’album « humoristique » de cette fin d’année. Ce premier effort de cette formation américaine n’est ni plus ni moins que le jumeau monozygote de Lightbulb Sun de Porcupine Tree. Finalement, dans cette galaxie parallèle, Radiohead et Van der Graaf Generator passeraient par leur originalité pour d’anecdotiques zozos.