SBB - The Rock

10/12/2007

Par Christophe Gigon

Label: Metal Mind Productions

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SBB, malgré un logo cousin de celui de Spock’s Beard, n’a rien à voir avec la formation américaine menée par le polymorphe et polyvalent Nick d’Virgilio. SBB est un groupe polonais qui n’est pas né de la dernière vodka aux herbes de bison (boisson typique de là-bas à la saveur légèrement caramélisée, voilà pour la minute gastro-culturelle) puisque le trio en est déjà à son quatorzième album sans compter la vingtaine d’enregistrements en public et d’anthologies diverses et variées. Selon leur site Internet qui ne manie pas la litote avec maestria, SBB est le meilleur groupe polonais depuis quarante-cinq ans ! Oui, chers lectrices et lecteurs, vous avez bien lu : quarante-cinq ans dévolus au rock progressif ! L’âge moyen du trio est donc passablement avancé. Au contraire de leur musique qui elle a plutôt tendance à être en retard.

The Rock est le dernier album en date de SBB. Ne connaissant ni d’Eve ni d’Adam le reste de la pléthorique production des ancêtres venus de l’Est, cette chronique va juger comme tel cet album et non en tant que partie d’un tout, ce qui, comme chacun le reconnaîtra, est plutôt un avantage (pour le groupe s’entend.). En effet, certains très bons disques se sont vu affublés d’une note passable, non pas en raison de la qualité intrinsèque de l’album mais plutôt au vu du passé du groupe et du degré d’évolution constaté. Donc, abordons ce Rock avec fraîcheur et neutralité. L’album contient neuf titres assez différents les uns des autres bien que l’ensemble sait rester assez homogène grâce, entre autres, à une production très « neo prog à la polonaise », c’est-à-dire propre, claire mais légèrement datée. D’ailleurs, quelques moments rappellent inévitablement certains morceaux de Collage, Satellite ou Believe. Et ce sont les meilleurs moments. D’autres passages sonnent carrément vieillots voire criards. La voix du chanteur est en effet peu avenante, souvent à la limite de la justesse. Pour corser le tout, certains titres sont chantés en Polonais. Les sons de claviers sont paléolithiques et l’ambiance générale assez pataude. Le son général est néanmoins bon et l’amateur de néo progressif se sentira en sécurité. Peut-être même trop. Aucune once d’originalité n’est à relever. La recette est éprouvée : un soft rock progressif qui va de Genesis à Toto pour les moments plus appuyés sans jamais atteindre ni la richesse mélodique des uns, ni la technique ébouriffante des autres. Une sorte de rock progressif d’ascenseur.

Un album moyen qui laisse donc une impression mitigée. Une sorte de mollesse maladive se dégage de cet album qui porte bien mal son nom. Une sorte de rock progressif « des familles » édulcoré. L’album n’est même pas triste. D’ailleurs, les albums les plus forts sont souvent ceux nés dans la souffrance. Nulle tristesse n’est palpable à l’écoute des neuf titres de The Rock, seulement une envie de se repasser l’intégrale d’AC/DC en boucle afin de se redonner du cœur à l’ouvrage. A déconseiller aux personnes qui passeraient les fêtes seules.