D.F.A. - Kaleidoscope

03/12/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Moonjune Records

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Durant la précédente décennie, les Italiens de Duty Free Area (D.F.A.) se sont forgés une solide petite réputation en seulement deux albums, ce qui leur a valu d’être invités au NearFest en 2000 (Work In Progress Live, sorti en 2001). Ce Kaleidoscope regroupe ces deux albums studio en version remastered, agrémentés de quelques titres live. Une bonne occasion de redécouvrir ce sympathique groupe de jazz rock pendant la préparation de leur nouveau disque.
Né au début des années quatre-vingt-dix, D.F.A. attendra néanmoins 1995 pour enregistrer sa première démo, Trip in Metrò. Celle-ci contient les premières versions des titres de Lavori In Corso, sorti dès 1996, suite à une rencontre avec Alberto Piras de Deus Ex Machina qui produira ce premier CD. Lavori In Corso définit le style très dynamique, virevoltant, exubérant de D.F.A., dominé en grande partie par les claviers sautillants de Alberto Bonomi. Les trois premières pistes débordent d’énergie, mélange bouillonnant à la fois mélodique et technique entre Brand X, Return To Forever, National Health et même Gentle Giant (« Work Machine »), visité de ci de là par le chant en italien du batteur Alberto De Grandis. Il faut attendre « Pantera – La Sua Anima » pour profiter d’une accalmie acoustique, faisant la part belle à la guitare et à la flûte. A l’aise dans les formats plutôt longs, D.F.A. parvient à tenir en haleine grâce à des pièces à rebondissements (« La Via »).
Sur Duty Free Area, le groupe a mûri : les compositions sont plus variées, la production meilleure. Toujours aussi dynamique, la musique se fait également plus contrastée, pénétrant plus fréquemment dans les territoires du prog instrumental à l’image d’ « Escher ». Les guitares se font plus présentes, plus tranchantes (« Ragno »).
Les titres bonus sont des interprétations publiques de morceaux tirés de Lavori In Corso. Dopés par rapport à leurs homologues studio, et bénéficiant par ailleurs d’un son excellent, ces titres nous confirment la prestance scénique de D.F.A.

Si la formation italienne n’est pas un acteur majeur de la scène jazz rock, cette double réédition vaut largement qu’on y jette une oreille et qu’on se laisse séduire par ce groupe attachant, à la musique riche, pleine de vie, sincère.