Mind's Eye - A Gentleman's Hurricane

24/11/2007

Par Dan Tordjman

Label: Lion Music

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Daniel Flores est un cas à part. Non content d’être l’éminence grise de Mind’s Eye (en plus de tenir la batterie, il s’occupe des claviers, des chœurs et des manettes de la console), le bonhomme possède une imagination débordante. C’était déjà le cas sur Walking On H2O, dont la toile de fond était l’évolution de l’espèce humaine. Cette fois, on a droit au passage au confessionnal d’un tueur à gages, en proie à la culpabilité, et qui il explique au prêtre qu’il doit sévir une dernière fois avant la rédemption finale.

Certes, dans la forme, on pense bien entendu à Operation : Mindcrime de Queensrÿche, même si la trame est complètement différente. L’esprit est là, et l’on se projette dans une ambiance rendue glauque au possible par des titres comme « Seven Days » – où le tueur explique que tuer lui permet de rester en vie, « Assassination » ou « Feed My Revolver », morceaux aux titres on ne peut plus explicites ! Autant de thèmes malsains auxquels vient se greffer une musique implacable et puissante. Car Daniel Flores, en tant que producteur, sait ériger de véritables murs de son : « Assassination », « Hell’s Invitation » et « Feed My Revolver » en sont des preuves flagrantes, tandis qu’en tant que batteur, sa finesse n’est plus à prouver. Ses compères ne sont pas en reste : Johan Niemann s’avère être un véritable expert es instruments à manches, puisqu’il tient à la fois guitare et basse. Quant au chanteur Andreas Novak, il parvient à accrocher l’auditeur avec une voix à la fois claire et punchy, à la David Fremberg (Andromeda).

Mais si l’intérêt de ce disque s’arrêtait à la seule virtuosité des musiciens, il serait inutile d’en parler. Or, Daniel Flores sait écrire des mélodies accrocheuses et des refrains qui restent dans le crâne : « Assassination », « Hell’s Invitation » et « Feed My Revolver » – et oui, encore eux – vous le prouveront. Il sait aussi jouer sur les ambiances, comme sur le magnifique mid-tempo « Graveyard’s Hands », sorte de calme avant la tempête finale que constitue l’enchaînement de « Say Goodnight » et « Pandora’s Musical Box », le pavé du disque, dont on ne perd pas une miette des onze minutes.
Il ne faut donc pas passer à coté de ce disque, c’est à coup sur une des réussites de cette année. De plus, l’édition limitée est accompagnée d’un DVD filmé pendant l’enregistrement de l’album. Dernière preuve du perfectionnisme maladif de Daniel Flores : l’attention particulière portée au graphisme de l’album, véritable merveille sortie de l’imagination conjointe de Flores et de Mattias Norèn (Star One, Evergrey), avec un livret-BD rappelant fortement Deathblow de Jim Lee, lui même inspiré par le Sin City de Frank Miller. Une telle réussite mérite que justice lui soit rendue. Alors, pourquoi diable attendre ? Allez ! A la caisse, et vite !