Side Steps - Alive II

12/11/2007

Par Jérôme Walczak

Label: Poseidon

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Les amateurs de jazz-rock et de fusion connaissent bien les Nippons de Side Steps, qui perpétuent avec cet album live une musique faite de technicité de haute volée, d’une grande virtuosité et d’une indéniable capacité à faire dialoguer les instruments dans des tourbillons d’improvisations où claviers et guitares se taillent la plus belle part.

Rien de bien nouveau avec Alive II. Au menu : complexité et sophistication, point barre ! Le rock instrumental est ici célébré de main de maître. Tout au plus l’auditeur risquera-t-il de se poser la question qui fait hara-kiri : « à quoi bon ? », un album pareil s’avère vite ennuyeux.

Prenons un instant la place du musicien émérite et amateur de jazz. C’est indéniable, cette créature, si elle existe, prendra un certain plaisir à l’écoute d’Alive II gorgé de véritables petites trouvailles et de petits moments bien agréables comme les soli de piano sur « The End of Tears », ou l’introduction plaintive « d’Another Counter » tendance « guitar heroe » qui devraient satisfaire l’amateur éclairé. Dans ce style, il y avait déjà eu Daryl Stuermer cette année à ceci près que Side Steps se complaît à ajouter des parties de claviers parfaitement maîtrisés, avec un sens de l’accélération et du rythme qui sont d’un ébouriffant dynamisme. Le spécialiste sera donc bien content, il ajouetera un « album de plus » dans sa collection « d’albums de plus ».

Adoptons maintenant le point de vue de l’amateur de musique en quête d’émotions, en quête d’emportements. La déception risque alors d’être sévère : pas de titres entêtants, pas de relief, pas de moments où l’on se dit : « Bon sang, cette piste, je la remets, c’est trop bon ! » ! Il manque la petite vague d’intensité nécessaire à tout amateur de rock progressif digne de ce nom. L’absence d’émotions est telle qu’il est impossible d’entendre le moindre bruit émanant du public, alors que nous avons pourtant affaire à un album live… L’impression qui s’en dégage : des musiciens professionnels s’adressent à d’autres professionnels qui semblent les observer calmement d’un air compassé, à la manière d’un juré ukrainien au championnat du monde de patinage artistique.

Impossible de dire que cet album est mauvais. Il est même excellent. Impossible d’affirmer que ce disque est un chef d’œuvre, il est aussi sec que le désert de Gobi en plein été. Trop bon mais trop professionnel, donc trop inhumain…