Daisuke Kunita - Fuzzy Logic

12/11/2007

Par Aleksandr Lézy

Label: Intermusic

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Daisuke Kunita est né à Sapporo (Japon) en 1980 et se met à la guitare à dix-sept ans après quelques années de piano. En 1999, il rentre au fameux Berklee College of Music de Boston d’où sortent chaque année une belle brochette de virtuoses. Il décide en 2007 de sortir son premier disque comme l’ont fait les plus grands guitar-heroes. Sous le titre Fuzzy Logic, Daisuke Kunita propose sept longs morceaux instrumentaux où la guitare affiche de belles prétentions.

Après les quelques nappes d’ambiance holdsworthiennes de l’introduction, « Fragments » et son riff hendrixien pose de solides bases et l’on peut ainsi faire quelques constatations. Le jeune guitariste a décidé d’utiliser un son de guitare typé Stratocaster, donnant ainsi un toucher très présent et réaliste sur les cordes. La formation choisie est simple : guitare, basse et batterie ; power-trio influencé jazz-rock fusion. Rappelant parfois le jeu de Richie Kotzen, Daisuke Kunita possède un jeu fin, efficace et très mélodique. Le rythme dans sa musique fait office de sauf-conduit pour ne pas rentrer dans les schémas classiques du guitar hero de base. Les morceaux sont donc variés même si la fougue du premier titre n’apparaît pas par la suite. La fougue peut-être pas, en revanche, l’énergie perdure. Toujours en tension, les morceaux calmes comme « Flat Line », très inspiré par Allan Holdsworth, déchaînent les notes de guitare et de basse sur un mid-tempo des plus agréables. Les rajouts de petites touches de claviers profitent à l’ensemble, créant une sorte de cocon de mousse où chaque note peut ainsi rebondir. Sur « 22 on 22 », l’ambiance sombre et le rythme piqué affolent les oreilles, lorsque les notes défilent de plus en plus vite. Pour conclure, « Acid Approach » fait la part belle à un saxophone très inspiré, au plus grand plaisir de l’auditeur.

Même si ce Fuzzy Logic reste un disque de guitare, il ne faut surtout pas enlever à ce jeune guitariste son talent de musicien et de compositeur. L’approche stylistique est certes assez classique, mais les intentions sont toujours justes. Le guitariste parle un langage mélodique et harmonique très riche. Daisuke Kunita profite d’une bonne production à l’américaine. C’est peut-être le reproche que l’on pourrait lui faire car ses origines japonaises n’apparaissent absolument pas !