Kourtyl - Kourtyl

05/11/2007

Par Jérôme Walczak

Label: Seventh Records

Site:

Attention : très bonne surprise ! Kourtyl a été formé en 2001 par quatre jeunes lycéens visiblement pleins d’avenir. Comme beaucoup de leurs comparses, ces oisillons de la musique ont ensuite pérégriné au gré des vents et des mélodies, de sessions en démos, en étant au passage repéré par les sidéraux Kobaïens de Magma, qui les firent progressivement voler de leurs propres ailes. Le résultat : dix morceaux bien construits, bien produits, une voix juste, et un petit goût de « revenez-y » qui laisse présager de bien agréables perspectives pour les années à venir.

Le point positif de Kourtyl : c’est construit, homogène, on s’y retrouve. L’auditeur n’est pas désorienté par des changements de structures alambiqués, par des mélodies verbeuses et des textes insipides. Chaque morceau se présente plutôt sous la forme d’un petit organisme bien indépendant, très propret, joliment structuré, dénué de toutes fioritures. Ces fioritures, telles que les effets de voix, les soli de batterie incontrôlés, les jeux de guitare à la douteuse virtuosité – pour faire court, toutes ces sortes de choses qui ont tôt fait de transformer un bon album en une soupe inaudible – sont pour le coup totalement proscrites, et c’est là un vrai signe de maturité.

Elles sont remplacées par de petites trouvailles très agréables qui n’apparaissent pas forcément à la première écoute, ce qui en général est un signe de bonne maîtrise du sujet. Voici, au hasard, quelques-unes de ces délicieuses surprises : « Cathy » avec son chœur féminin onirique en introduction et un solo de claviers-guitares digne de Ange, réhaussé par une petite touche hispanisante, introduisant elle-même un moment plus metal et plus musclé, qui vient seconder la voix magnifique et puissante de Paulo Curralo. « Le Royaume de Mû » et son introduction à deux jeux de voix très mélancolique, qui monte en puissance et qu’une discrète guitare vient enjoliver. « L’extension » et ses sonorités orientales qui ornent un metal pêchu dont on ne réussit pas à se lasser, de petites percussions venant apporter une pointe de comédie et de drôlerie à un ensemble pourtant peu enclin à l’amusement, avant d’annoncer un grandiose final typé « guitar heroe » qui malheureusement se termine un peu trop brusquement… Les dix morceaux sont de cet acabit, et très honnêtement, il est bien difficile de trouver une chanson qui vaille moins la peine qu’une autre.

Kourtyl est un très bon groupe de prog metal mélodique, ils ont la force, la puissance et la créativité, on souhaite qu’ils puissent poursuivre une route sur laquelle ils semblent très à l’aise, pour notre plus grande satisfaction.