Botch - American Nervoso (rééd.)

02/11/2007

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Hydra Head Records

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Botch…

Un simple murmure de ce nom et le vent commence à souffler violemment, les mamans hurlent à leur progéniture de rentrer à la maison, les progueux implorent l’Olympe de tous leurs concepts albums, l’herbe devient jaune, le sol se craque.
Peu importe, Botch est devenu avec deux albums – seulement – un groupe référence pour la scène hardcore / mathcore d’avant-garde, peu connu mais culte. Formé en 1993 à Tacoma, dans l’Etat de Washington, Botch sortit toute une série de singles et d’EP’s, regroupés en 1997 dans la compilation Unifying Themes Of Sex, Death And Religion avant de présenter en 1999 son premier véritable album qui est l’objet de cette chronique, American Nervoso.

Que dire qui n’a pas été dit sur ce disque considéré par beaucoup comme fondateur du hardcore du nouveau millénaire (appelé hardcore new school par les spécialistes), avec Calculating Infinity de Dillinger Escape Plan et Petitioning the Empty Sky de Converge ? Il s’agit ici de la réédition composée, en plus de l’album original, d’un titre bonus, d’un autre dont la longueur a été doublée et de trois démos. Plus important, le son, très garage à l’origine, a été sensiblement amélioré par le remastering de Matt Bayles. Evidemment, les amoureux du son de l’édition originale pourront toujours y retourner. En effet, Hydrahead propose, ceci est à souligner, deux versions sonores assez différentes de celui-ci puisque l’édition originale est toujours disponible.

Quid de la musique ? Une boucherie ! Plus précisément, devant nous se forme un alliage en titane de sauvagerie brute et de technique démentielle : rythmiques impaires, tempi changeants, accord dissonants, tapping, pull-off, hammer-on et compagnie. On a affaire ici à un groupe qui, tout en sortant l’artillerie lourde, a décidé d’achever l’auditeur, non pas au bazooka mais au scalpel. Le seul moment plus calme de l’album est la deuxième partie du morceau « Oma » avec ses pesants accords au piano. Les trois instrumentistes sont au sommet de leur forme et la réédition leur rend éminemment justice, en particulier la basse pachydermique. Là-dessus se pose – s’écrase serait le vocable le plus exact – la voix sauvage de Dave Verellen qui hurle comme si sa vie en dépendait.

Album d’une rare violence, American Nervoso va marquer toute une génération de musiciens, y compris de ce côté-ci de l’Atlantique, tels les premiers travaux de Shora. Certes, les bonus de cette réédition n’apportent rien de bien nouveau, en particulier les démos, mais force est de constater qu’après toutes ces années, la musique de Botch n’a rien perdu de son urgence, de sa puissance et de sa technicité. Un must pour tous ceux qui sont attirés par les musiques sombres et extrêmes. Et pourtant, le groupe fera encore mieux avec We Are the Romans ! To be continued…