Agua de Annique - Air

25/10/2007

Par Christophe Gigon

Label: The End Records

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Anneke van Giersbergen a-t-elle à peine annoncé son départ du célèbre groupe néerlandais The Gathering que son nouveau projet, Agua de Annique, propose son premier album. On peut dire que la célèbre chanteuse hollandaise ne s’est pas reposée sur ses lauriers ! A part Anneke (Annique !), la jeune formation est composée de trois amis musiciens de la chanteuse. Ce premier essai, baptisé Air, développe la problématique de la face sombre qui habite chacun de nous derrière la façade des convenances. La figure emblématique de l’hôtesse de l’air est donc choisie parfaitement à dessein. La pochette du disque nous montre une délicieuse employée des transports aériens, passablement affairée parmi les passagers, qui n’est autre que la belle Anneke. Une imagerie très éloignée donc de celles utilisées par The Gathering ou toute autre formation évoluant dans les mêmes eaux atmosphériques et métalliques (Lacuna Coil, Anathema, Antimatter). Ce changement visuel est-il le reflet d’une nouvelle orientation musicale ?

Il y a certes changement mais en aucun cas révolution. La musique proposée par Agua de Annique est différente de celle célébrée par le rassemblement hollandais bien connu sans être aux antipodes de ce style qu’il a contribué à populariser. On pourrait qualifier les chansons de Air de plus « alternatives », plus pop et plus directes. Sans que ces qualificatifs ne soient péjoratifs. En effet, la magie est toujours au rendez-vous puisque celle-ci était principalement portée par la voie envoûtante d’Anneke même si les atmosphères planantes tissées par les guitares de Rene Rutten étaient également pour beaucoup dans le son reconnaissable entre mille de The Gathering. Un son général plus simple d’accès et des morceaux plutôt courts sans que jamais le groupe ne se permette des facilités commerciales de mauvais aloi. Chaque chanson est un petit bijou accessible mais riche. Un autre atout majeur de cet album, outre le fait qu’il ne propose pas moins de treize nouvelles compositions, est que chaque titre est différent d’un autre sans que cela ne brise en rien l’unité et l’identité propres du disque.

La musique sert naturellement d’écrin à la voix-cristal de la divine Anneke. Des arpèges de guitares cristallines (« Yalin » ou « Beautiful One »), des mélodies simplissimes mais très vite mémorisables au piano (« Day After Yesterday ») et parfois quelques moments plus appuyés (« Witnesses » ou « You Are Nice ») qui ne lorgnent jamais trop franchement vers son passé « métallique ». « Come Wander with Me », peut-être la plus belle chanson de l’album, fait davantage penser à Beth Gibbons (Portishead) ou Sia qu’à The Gathering. Les tentatives d’affranchissement du cocon du metal atmosphérique qui a vu éclore Anneke sont encore timides mais laissent présager un avenir sous les meilleures augures. Une bien agréable surprise en tous points de vue.