Raintime - Flies and Lies

22/10/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Replica Records

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Des Italiens qui s’aventurent hors de leur domaine de prédilection – un metal progressif de qualité parfois inégale, voilà un événement assez rare pour qu’on s’y attarde. Lorsque le groupe s’est formé, en 1999, le syndrome metal progressif (ne devrait-on pas plutôt parler de malédiction en ce qui concerne les groupes italiens ?) régnait pourtant en maître sur la musique de Raintime. Quelques changement de personnel plus tard, l’évolution vers un death metal mélodique aboutit en 2005 à un premier album, Tales from Sadness, puis à ce Flies and Lies, bien plus proche d’In Flames et de Children of Bodom que de Dream Theater.

Raintime table clairement sur l’efficacité. Mélodies évidentes, couplets grognés, refrains typés « glorieux » façon Sonata Arctica, production chromée made by Tommy Hansen : la mayonnaise prend très rapidement. Flies and Lies n’en est pas pour autant une version barbare d’un quelconque groupe de heavy metal symphonique finlandais. Si l’évidence quasi FM ou les refrains téléphonés qu’affichent insolemment certains titres (« Tears of Sorrow », « Flies & Lies ») peuvent laisser perplexe, voire exaspérer, on peut difficilement résister aux rythmiques enlevées et aux riffs dévastateurs gouvernant cet album, qui donne envie de slammer sur le canapé du salon plutôt que de s’y assoupir.
Rares sont les moments où l’on pourra prendre le temps de se servir une camomille. Sur les cinq minutes répétitives de « The Black Well », peut-être, où le chant clair fait cruellement défaut, voire sur « Finally Me », concession à l’énervante et inutile tradition de la jolie-ballade-qui-permet-de-souffler. Mais qu’il s’agisse d’« Another Transition », dont le refrain s’adresse directement aux fans de Blind Guardian, des appels au pogo lancés par « Rolling Chances » et « Rainbringer », de l’efficace reprise du « Beat It » de Michael Jackson, ou encore du flamboyant et grandiloquent « Matrioska » final, les cheveux dans le vent et autres poings levés l’emportent très largement.

Si le death FM existait, il aurait pour hérault Raintime, avec tout ce que cela comporte comme qualités et défauts. Il y a quelques années encore, il aurait été blasphématoire de mélanger voix d’outre-tombe et symphonisme Spandex. Mais l’ouverture des metalheads laisse augurer qu’ils sauront reconnaître les qualités évidentes d’un Flies and Lies qui se laisse avaler comme une Pils.