U-Ni - Samadhi

12/10/2007

Par Mathieu Carré

Label: Vital Music

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Tatsuhiro Honmura, le multi instrumentiste caché derrière le pseudonyme de U-Ni, donne avec Samadhi une belle leçon, si ce n’est de zen attitude, du moins de pragmatisme. Aller directement à l’épure, à l’essentiel, et ne jamais faire compliqué alors que l’on peut faire simple.

Pourquoi s’embarrasser de créations graphiques ou de photos pour illustrer la pochette de l’album ? Deux dessins ridicules en noir et blanc suffiront. Pourquoi aller chercher d’autres musiciens pour s’accompagner ? Avec des guitares, une batterie, un ordinateur et un appartement, on peut tout faire tout seul. Essayer de varier les ambiances ou sein d’un morceau ou d’une plage à l’autre ? Surtout pas, on se verrait alors refuser l’étiquette de post-rock qui permet, avec trois accords et à condition de faire durer suffisamment le tout, de séduire quelques ascètes torturés de la musique.

Ayant suivi scrupuleusement ces commandements, Honmura délivre une musique entêtante, monotone et dotée d’une force hypnotique peu commune. Tel Drogo guettant l’arrivée des Tartares, on espère un changement, une bousculade, une innovation pour réaliser ensuite que c’est dans cette inutilité même que réside la force de cette musique. Mis à part un solo de guitare dans le deuxième morceau, rien ne vient perturber la douce mécanique anesthésiante, parfaitement huilée, qui débute par le court « Akasatana » et son plaisant contrepoint électrique. Le reste passe sans sursaut, sans difficulté, sans plaisir. Cependant, difficile d’arrêter l’infernale machinerie : on assiste sans réagir à sa propre soumission. A l’issue de ces quarante minutes, on a l’impression étrange d’avoir ouvert un paquet de marshmallows géants et de n’avoir pu se retenir de tous les ingurgiter.

Refusant d’envisager le premier virage, pour éviter tous les autres obstacles qui suivraient immanquablement, U-Ni trace son chemin avec une détermination salutaire. Pourquoi faire compliqué alors que l’on peut faire simple ?