Innerchaos - Instant Replay

09/10/2007

Par Dan Tordjman

Label: Cheap Noiz Records

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Que ceux qui attendaient un nouvel album composé de nouveaux titres passent leur chemin, car comme son nom peut laisser le supposer, Instant Replay revisite le répertoire du groupe de Bertrand Drécourt au travers de morceaux remixés, enregistrés en public ou réarrangés dans des versions électriques ou acoustiques (la plupart superbes). Tout d’abord, notons le retour de la formule trio composée donc du sieur Drécourt épaulé par Olivier Stefanelli à la batterie et surtout Thomas Jaëglé, de feu Time Curve Symmetry à la basse. Et force est d’avouer que cette nouvelle section rythmique fait un vrai carton car la cohésion est vraiment au rendez-vous comme par exemple sur « Word in a Dead End », complètement revisité avec des cuivres façon Extreme, où la basse slappée y est ravageuse. On retiendra aussi la magnifique – presque larmoyante – version acoustique de « Wings of Death » avec la présence d’une pianiste concertiste sur le morceau, qui, couplée à la guitare acoustique de Bertrand Drécourt, transcende le titre. Comment ne pas citer l’hymne du groupe « Into the Pit » lui aussi transfiguré par ce lifting unplugged.

Mais Instant Replay ne contient pas que du réchauffé. Le disque comporte aussi trois de nouveaux titres : « Addiction » et son intro clin d’œil au « Small Town Boy » de Bronski Beat, chanté dans la langue de Molière se révèle être une excellente ouverture avec ce mélange de violence sur le refrain (chant hurlé avec effets sur la voix) et de finesse sur les couplets. Ensuite, on passe à « Them », plus rock dans l’esprit et l’approche avec quelques passages légèrement énervés, qui ne seront pas sans déplaire aux fans de Pantera. Enfin, « The Way Things Should Be » est un titre acoustique – encore, serait-on tenté de dire – sur lequel les chœurs transportent dans un autre monde.

Si Instant Replay décevra ceux qui attendaient du 100% matériel inédit, qu’ils ne soient pas tristes. Cet album se veut être une petite récréation, un bol d’air frais auquel ont été conviés de nombreux invités : on retrouve ainsi des membres d’Aching Beauty, de Conscience ainsi que Darko Miljkovic, David Scheurer, Matthieu Vallé et Raphaël Grenier, tous de feu Time Curve Symmetry. Les anciens comparses de Bertrand Drécourt sont également de la partie : J.B. Poplin, Steve Cheney et Marc Bienfait. Une belle petite fête de famille !

Quoi qu’il en soit, une esquisse de synthèse peut s’établir : Innerchaos semble se diriger vers une composition plus « simple » dans la structure tout en essayant de développer un certain nombre d’idées en alternant violence et finesse. Le groupe réussit enfin à se donner une production – gros point noir par le passé – digne de ses ambitions. Quelques légères erreurs d’équilibre sont présentes ici et là, notamment sur « Post », mais l’idée première en termes de son, est présente. Alors, Messieurs, à quand la suite ?