Twinspirits - Music that Will Heal The World

09/10/2007

Par Aleksandr Lézy

Label: Lion Music

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En 1997 sort Apocolokyntosis, une bombe de metal progressif venue d’Italie. Empty Tremor en était le procréateur. Complètement inspiré de Dream Theater, il en résultait pourtant un travail d’excellente qualité, surtout pour des jeunes musiciens d’une quinzaine d’années. Dans ce groupe officiait le claviériste Daniele Liverani, le plus vieux de la bande. Aussi guitariste pour sa carrière solo, il semblait que l’homme avait envie de toucher à tout. Après trois albums d’Empty Tremor, Liverani surfe sur la vague Arjen Lucassen en imaginant le rock opera en trois parties, Genius, avec de nombreux invités prestigieux comme Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation) qui endosse le personnage de Twinspirit32, D.C. Cooper (ex-Royal Hunt) en Genius et quantité d’autres… Mais il fallait compter sur l’insatiabilité du musicien qui sort encore un disque. Sous sa houlette donc, Twinspirits voit le jour, un nouveau groupe, un nouveau disque…

C’est abrupt et facile mais n’y allons pas par quatre chemins, ce disque est un supplice ! La voix y est pour beaucoup. Pourquoi avoir choisi Søren Adamsen, un chanteur danois avec un niveau si faible alors que le groupe est italien ? Son timbre est une horreur et sa justesse est tout simplement épouvantable, il suffit d’écouter « Power to Kill » ou encore « Understand » pour se rendre compte très vite qu’il chante faux. Point suivant : la qualité des morceaux. Il faut parler de médiocrité ici. Peu de passages intéressants, peu de subtilités pour pouvoir réellement apprécier une chanson du début à la fin. Les riffs sont cheap et sur la durée (septante minutes), le mélange heavy metal aux accents légèrement progressifs grâce à quelques nappes de synthés, des changements de rythmes et un AOR basique crispent rapidement.

C’est fort regrettable car Liverani est accompagné par un jeune guitariste talentueux en la personne de Tommy Ermolli qui fait forte impression avec ses soli mélodiques joués avec finesse. Dario Ciccioni n’est pas en reste proposant un jeu et un son de batterie efficace et carré. Le niveau de la basse est quelconque, malheureusement. Même Liverani ne se donne pas la part belle, les nappes suffisant mal à relever l’ensemble doté d’une bonne production.

Quelle utopie de vouloir sauver le monde avec la musique ! Que cela reste un rêve car ce n’est pas avec ce premier album sous le nom de Twinspirits que Daniele Liverani pourra y changer quelque chose. Qu’on se le dise, The Music that Will Heal the World ne révolutionne rien et s’avère être même plutôt médiocre. Etonnant de la part de Liverani de délivrer un disque pareil, il nous avait habitué à tellement mieux. A vite oublier…