Maze of Time - Tales from the Maze

01/10/2007

Par Jérôme Walczak

Label: Artperformance prods

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Tales from the Maze est le premier album d’un groupe suédois qui semble avoir parfaitement digéré l’héritage musical des « Grands Anciens » du rock progressif, Pink Floyd et Genesis en tête. A l’instar de nombreuses formations contemporaines, Maze of Time décline donc sans complexe des recettes plus que trentenaires : soli de guitare familiers à l’auditeur de Nursery Cryme (« Distant Tomorrow ») ou introductions à la Dark Side of The Moon (« Tales »), avec en prime, pour faire progressif sérieux et introspectif… un chien qui aboie (ça, ça doit être la Swedish Touch).

La touche contemporaine vient d’une production plutôt réussie, faisant la part belle aux guitares qui, sans complexes, quittent le giron du rock progressif gentil et mélodique, pour s’aventurer dans des contrées plus électriques, jazz-rock ou psychédéliques : « Ocean of Dreams », par exemple, titre à l’esprit très crimsonien.

Cet album n’est ni bon, ni mauvais : il ne dégage en réalité aucune émotion. Les morceaux sont maîtrisés, les transitions habiles, la structure de l’ensemble est plutôt homogène et convaincante, sans changements brusques de rythme, et on s’amuse même à reconnaître, de-ci de-là, quelques mélodies déjà entendues par ailleurs : « Ocean Of Dreams » auraient été du plus bel effet sur un album d’Illuvatar, tout comme « Lady May » et son accompagnement à la guitare cristalline. « The Maze » n’est pas sans rappeler quelques petites « nealmorseries », mais il est abîmé par un final bâclé et bien peu original : des chœurs répétant « Maze of Time » en sautillant, avec de la basse pour faire sérieux et en colère…
Mais de tout cela, il ne restera rien après l’écoute. Maze of Time est un groupe qui doit encore prendre quelques petites leçons d’anatomie : savoir où est le cœur, pour le frapper de plein fouet, trouver où se situent les zygomatiques, pour apporter un peu de satisfaction en les activant, chercher où sont les tripes, pour les prendre et bien les retourner. La musique, ce n’est, Dieu merci, pas seulement une question d’oreilles… La vie serait bien triste, si nous n’étions que des oreilles…