Iliketrains - Elegies to Lessons learnt

01/10/2007

Par Mathieu Carré

Label: Beggars Banquet

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Originaire de Leeds, Iliketrains donne dans la performance globale. Ne se contentant pas de crier haut et fort leur amour du rail à travers leur patronyme, les Anglais se produisent sur scène habillés en cheminots et, poussant le mimétisme à l’extrême, jouent une musique aussi engageante que l’état du réseau ferré britannique. La recette déjà éprouvée avec un certain succès lors des précédents EP Progress Reform et Spencer Perceval n’évolue pas : tonalités sombres, mélodies dépouillées et murs de guitares froids comme un regard de maton entourent Dave Martin, chanteur-guitariste à la voix d’infirmier psychiatrique.

Enregistré sous les ordres de Ken Thomas qui s’était précédemment illustré aux cotés de Sigur Ros, Elegies to Lessons learnt navigue donc entre les montées du post-rock et les climats inquiétants de groupes tels que Cocteau Twins ou This Mortal Coil. Une attention toute particulière est attribuée à la mise en valeur de la voix de Dave Martin, jamais recouverte par les efforts des autres musiciens et qui se révèle posée, profonde et par bonheur pas trop maniérée.
Ainsi, onze chansons se succèdent mais, à l’instar des voyages en train, se ressemblent toutes. Dave Martin chante sa peine, seul sur le quai, puis la batterie s’énerve telle une locomotive antique à l’allumage, et le métal des guitares se mêle à elle pour rendre l’atmosphère encore plus épaisse, entre vapeurs et brouillard londonien. Quatre minutes sont passées, un train s’éloigne, un autre le remplace ; et Dave Martin recommence à pleurer une autre dulcinée. Cette linéarité d’ensemble s’avère d’autant plus frustrante que « Come Over » avec cordes et cuivres émouvants ou « Spencer Perceval » s’étendant plus en longueur, restent les morceaux les plus achevés : ce sont les seuls à s’extraire un peu de la monotonie de l’ensemble de l’album.

Manquant d’originalité mais fort d’une production sans faille, Elegies to Lessons learnt devrait cependant trouver son public, amoureux de wagons de seconde classe et de clips en noir et blanc où, par temps humide, les gouttes de pluie font la course sur les vitres des compartiments… Les autres pourront toujours découvrir les performances scéniques des amoureux du ballast, travaillées et envoûtantes, où le groupe tire le plus profit des ambiances obscures qu’ils affectionnent tant.